ACTE III, SCENE IV
Ce grand attachement me surprend à mon tour. Est-ce un trésor pour vous si précieux, si rare? 995 Est-ce un libérateur que le ciel vous prépare? Songez-y : vos refus pourroient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer.
JOSABET.
Quel bruit?
MATH AN
Que cet enfant vient d'illustre origine ; Qu'à quelque grand projet votre époux le destine. 1000
JOSABET.
Et Mathan par ce bruit qui flatte sa fureur....
MATHAN
Princesse, c'est à vous à me tirer d'erreur.
Je sais que du mensonge implacable ennemie ,
Josabet livrerait même sa propre vie ,
S'il falloit que sa vie à sa sincérité 1 oc 5
Coûtât le moindre mot contre la vérité.
Du sort de cet enfant on n'a donc nulle trace ?
Une profonde nuit enveloppe sa race?
Et vous-même ignorez de quels parents issu ,
De quelles mains Joad en ses bras l'a reçu ? 1010
Parlez ; je vous écoute , et suis prêt de vous croire 1 .
Au Dieu que vous servez, Princesse, rendez gloire.
JOSABET.
Méchant, c'est bien à vous d'oser ainsi nommer
Un Dieu que votre bouche enseigne à blasphémer.
Sa vérité par vous peut- elle être attestée , ion
Vous, malheureux, assis dans la chaire empestée2
Où le mensonge règne et répand son poison ;
Vous , nourri dans la fourbe et dans la trahison ?
1. Geoffroy et M. Aimé-Martin ont changé prêt de en prêt a. 1. Cette expression est tirée du Psaume i, verset i : <( Beatus vir, qui. « in cathedra pestilentiœ non sedit. »
ATHA LIE