‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 455 sur 493 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune ?

JOAD

Quels timides conseils m'osez-vous suggérer? En l'appui de Jéhu pourriez-vous espérer?

JOSABET.

Dieu défend-il tout soin et toute prévoyance ?

Ne l'offense-t-on point par trop de confiance? 1080

A ses desseins sacrés employant les humains,

N'a-t-il pas de Jéhu lui-même armé les mains1?

JOAD

Jéhu, qu'avoit choisi sa sagesse profonde,

Jéhu, sur qui je vois que votre espoir se fonde,

D'un ouhli trop ingrat a payé ses bienfaits. 1 o 8 5

Jéhu laisse d'Achab l'affreuse fille en paix ,

Suit des rois d'Israël les profanes exemples ,

Du vil Dieu de l'Egypte a conservé les temples2.

Jéhu, sur les hauts lieux enfin osant offrir

Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir 8 , 1090

N'a pour servir sa cause et venger ses injures

Ni le cœur assez droit ni les mains assez pures.

Non, non : c'est à Dieu seul qu'il nous faut attacher.

Montrons Eliacin ; et loin de le cacher,

Que du bandeau royal sa tête soit ornée. 1095

Je veux même avancer l'heure déterminée,

Avant que de Mathan le complot soit formé.

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