SCÈNE VIL
JOAD, JOSABET, AZARIAS , suivi du Chœur
et de plusieurs lévites.
JOAD
Hé bien , Azarias , le temple est-il fermé ?
AZARIAS
J'en ai fait devant moi fermer toutes les portes.
JOAD
N'y reste-t-il que vous et vos saintes cohortes ? noo
AZARIAS
De ses parvis sacrés j'ai deux fois fait le tour. Tout a fui , tous se sont séparés sans retour , Misérable troupeau qu'a dispersé la crainte \ Et Dieu n'est plus servi que dans la tribu sainte. Depuis qu'à Pharaon ce peuple est échappé , 1 1 o 5
Une égale terreur ne l'avoit point frappé.
JOAD
Peuple lâche , en effet , et né pour l'esclavage , Hardi contre Dieu seul! Poursuivons notre ouvrage. Mais qui retient encor ces enfants parmi nous ?
UNE DES FILLES DU CHOEUR
Hé! pourrions-nous, Seigneur, nous séparer de vous? Dans le temple de Dieu sommes-nous étrangères? Vous avez près de vous nos pères et nos frères.
UNE AUTRE
Hélas ! si pour venger l'opprobre d'Israël,
Nos mains ne peuvent pas , comme autrefois Jahel 1 ,
I. « Juges, chapitre iv. » {Note de Racine , éditions de 1692 et 1697.) Il est en effet raconté dans ce chapitre que Sisara, chef de l'armée de Jabin , un des rois de Chanaan, fut vaincu par Débora et Barac, et qu'ayant pris la fuite il entra dans la tente de Jahel, épouse du Cinéen Haber. Jahel, qui l'avait