‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 468 sur 493 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

JOAD

Gardez pour d'autres temps cette reconnoissance Voilà donc votre roi, votre unique espérance. J'ai pris soin jusqu'ici de vous le conserver : Ministres du Seigneur, c'est à vous d'achever. Bientôt de Jézabel la fille meurtrière , Instruite que Joas voit encor la lumière , Dans l'horreur du tombeau viendra le replonger. Déjà, sans le connoître, elle veut l'égorger. Prêtres saints , c'est à vous de prévenir sa rage. Il faut finir des Juifs le honteux esclavage , Venger vos princes morts , relever votre loi , Et faire aux deux tribus1 reconnoître leur roi. L'entreprise , sans doute , est grande et périlleuse J'attaque sur son trône une reine orgueilleuse , Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux De hardis étrangers , d'infidèles Hébreux. 1340 Mais ma force est au Dieu dont l'intérêt me guide. Songez qu'en cet enfant tout Israël réside. Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler, Déjà trompant ses soins, j'ai su vous rassembler. Elle nous croit ici sans armes , sans défense. 1345 Couronnons , proclamons Joas en diligence. De là , du nouveau prince intrépides soldats, Marchons, en invoquant l'arbitre des combats; Et réveillant la foi dans les cœurs endormie , Jusque dans son palais cherchons notre ennemie. 1 3 5o

Et quels cœurs si plongés dans un lâche sommeil , Nous voyant avancer dans ce saint appareil, Ne s'empresseront pas à suivre notre exemple ? Un roi que Dieu lui-même a nourri dans son temple , Le successeur d'Aaron de ses prêtres suivi, 1 3 55

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