SCÈNE PREMIÈRE
MONIME, PILEDIME.
MONIME
Phsedime , au nom des Dieux , fais ce que je désire :
Va voir ce qui se passe , et reviens me le dire.
Je ne sais ; mais mon cœur ne se peut rassurer.
Mille soupçons affreux viennent me déchirer. i r 3o
Que tarde Xipharès ? et d'où vient qu'il diffère
A seconder des vœux qu'autorise son père?
Son père, en me quittant, me l'alloit envoyer.
Mais il feignoit peut-être : il falloit tout nier.
Le Roi feignoit ? Et moi, découvrant ma pensée. . . . 1 1 3 5
O Dieux , en ce péril m'auriez-vous délaissée ?
Et se pourroit-il bien qu'à son ressentiment
Mon amour indiscret eût livré mon amant?
Quoi , Prince ? quand , tout plein de ton amour extrême ,
Pour savoir mon secret tu me pressois toi-même , 1140
Mes refus trop cruels vingt fois te l'ont caché ;
Je t'ai même puni de l'avoir arraché ;
Et quand de toi peut-être un père se défie ,
Que dis- je? quand peut-être il y va de ta vie ,
Je parle ; et trop facile à me laisser tromper, 1 1 4 5
Je lui marque le cœur où sa main doit frapper.