‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 52 sur 493 · PH^DIME · texte numérisé non relu

PH^DIME

Ah ! traitez-le , Madame , avec plus de justice : Un grand roi descend-il jusqu'à cet artifice ?

MITHRID ATE

A prendre ce détour qui Fauroit pu forcer ?

Sans murmure, à l'autel vous l'alliez devancer. u5o

Vouloit-il perdre un fils qu'il aime avec tendresse ?

Jusqu'ici les effets secondent sa promesse :

Madame , il vous disoit qu'un important dessein ,

Malgré lui , le forçoit à vous quitter demain ;

Ce seul dessein l'occupe ; et hâtant son voyage , n55

Lui-même ordonne tout, présent sur le rivage.

Ses vaisseaux en tous lieux se chargent de soldats ,

Et partout Xipharès accompagne ses pas.

D'un rival en fureur est-ce là la conduite ?

Et voit-on ses discours démentis par la suite ? 1 1 60

MONIME

Pharnace cependant , par son ordre arrêté , Trouve en lui d'un rival toute la dureté. Phœdime , à Xipharès fera-t-il plus de grâce ?

PKLEDIME.

C'est l'ami des Romains qu'il punit en Pharnace. L'amour a peu de part à ses justes soupçons. 1 1 6 5

MONIME

Autant que je le puis, je cède à tes raisons : Elles calment un peu l'ennui qui me dévore. Mais pourtant Xipharès ne paroît point encore.

PïLEDIME.

Vaine erreur des amants , qui pleins de leurs désirs , Voudroient que tout cédât au soin de leurs plaisirs ! 1170 Qui prêts à s'irriter contre le moindre obstacle....

MONIME

Ma Phsedime , et qui peut concevoir ce miracle ?

Après deux ans d'ennuis , dont tu sais tout le poids ,

Quoi? je puis respirer pour la première fois?

Quoi ? cher Prince , avec toi je me verrois unie ? 1 1 7 5

Et loin que ma tendresse eût exposé ta vie ,

Tu verrois ton devoir, je verrois ma vertu

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