ACTE V, SCÈNE II
Maîtresse de moi-même , il veut bien qu'une fois Je puisse de mon sort disposer à mon choix.
PfiLEDIME.
Hélas!
MONIME
Retiens tes cris ; et par d'indignes larmes , De cet heureux moment ne trouble point les charmes. Si tu m'aimois , Phœdime , il falloit me pleurer 1 1 5 2 5 Quand d'un titre funeste On me vint honorer, Et lorsque m'arrachant du doux sein de la Grèce , Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux ; Et si mon nom encor s'est conservé chez eux, 1 5 3o
Dis-leur ce que tu vois ; et de toute ma gloire , Phœdime, conte-leur la malheureuse histoire.
Et toi , qui de ce cœur, dont tu fus adoré , Par un jaloux destin fus toujours séparé , Héros, avec qui , même en terminant ma vie , 1 5 i 5
Je n'ose en un tombeau demander d'être unie , Reçois ce sacrifice 2 ; et puisse en ce moment Ce poison expier le sang de mon amant !