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4. M. Aimé-Martin indique ainsi la distribution des rôles aux premières représentations :
Agamemwon, La Fleur.
Achille, Baron.
Ulysse, Hauteroche.
Clytemnrstre , Mme Beauchâteau.
Iphigénie, Mlle Champmeslé.
Ériphile , Mme d'Ennebaut.
L'état de la troupe, en 1674 et 1675, tel qu'il est connu, donne sans doute à cette distribution des rôles beaucoup de vraisemblance ; mais, il est permis de le croire, cette vraisemblance a été seule consultée par M. Aimé-Martin.
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IPHIGÉNIE
création du rôle d'Achille par Baron, plus capable sans doute de le bien remplir qu'aucun autre comédien de ce temps. Lemazurier donne quelques détails sur la manière dont Baron récitait un passage de ce rôle1; mais comme on sait par Y Histoire du Théâtre françois que Baron le joua après sa rentrée en 1720, ce souvenir qu'on avait conservé de son jeu pourrait appartenir à la seconde époque de sa carrière théâtrale. Le même Lemazurier nous apprend également de quel ton Baron prononçait le premier vers du rôle d'Agamemnon. Il y eut donc un moment oh il fut chargé de ce rôle; ici il n'y a nul doute: ce ne fut pas dans sa jeunesse.
Dans la modeste préface que Racine a mise en tête de son Iphigénie, et où les seuls détracteurs dont il se plaigne sont ceux d'Euripide, il ne fait aucun étalage de la gloire à peine contestée qu'il venait de recueillir. Quelques-unes de ses paroles laissent seulement entrevoir le succès qu'avait eu tout d'abord sa tragédie. La vérité est qu'il n'avait jamais mieux réussi à toucher les cœurs. « Le goût de Paris, dit-il, s'est trouvé conforme à celui d'Athènes. Mes spectateurs ont été émus des mêmes choses qui ont mis autrefois en larmes le plus savant peuple de la Grèce2. » Ce fut surtout par des larmes que les contemporains de Racine le louèrent. «J'ignore, dit Louis Racine dans son Examen de la pièce, combien de fois Iphigénie fut d'abord représentée ; mais, suivant une tradition qui est restée, dit-on, parmi les comédiens de Paris, jamais pièce, dans sa naissance, ne resta plus longtemps sur le théâtre, et ne fit couler tant de pleurs. » Boileau, dans les vers que nous avons cités, n'a pas oublié ces pleurs. Le P. Bouhours, dans ses Remarques nouvelles sur la langue françois e , publiées en 1675, quelques mois seulement après la première représentation d' Iphigénie à Paris, attestait combien avait fait verser de larmes à l'Hôtel de Bourgogne cette touchante tragédie3. On a pu remarquer que Robinet a noté de même, à la représentation de Versailles, l'émotion de la cour, toute pleine de pieu-
I Galerie historique des acteurs, tome I, p. 94 •