‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 132 sur 394 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

NOTES SUR VJLIADE.

Le Quérard, que nous avons déjà cité (voyez ci-dessus, p. i^i-i^S et p. 178), place dam la bibliothèque de Racine un Homère, EIzévir, i656j 2 vol. in-4", avec des notes attribuées à notre poëte, d'après le Catalogue Cramayel, 1826, n° 58i; et une Iliade, texte grec, Bâle, i56i, in-folio, avec quelques notes, d'après le Catalogue Parison, n" 786.

Si le titre de ce dernier volume est donné exactement, il diffère de celui que la Notice de livres extraite du Bulletin universel des sciences et de Vindustrie mentionne de la manière suivante : Homeri Opéra grseco-latina, quae guident nunc exstant, omnia. Basilese. Nie. Brylinger^ i56l, i vol. in-folio. « J. B. Racine, et peut-être aussi le poëte tragique, ont, dit cette même Notice, entièrement couvert de notes les marges de ce livre. »

La Bibliothèque de Toulouse possède une Iliade (gr.-lat.), in-S", imprimée à Strasbourg, en 1572, par Théodore Rihel, qui porte la signature de Racine.

On trouve à la Bibliothèque impériale, outre les Remarques manuscrites sur V Odyssée j que nous avons données aux pages 56 et suivantes de ce tome VT, une Iliade de Turnèbe, avec des annotations marginales de Racine [Homeri Ilias, id estj de Rébus ad Troiam gestis. Tjpis regiis, Parisiis^ M.D.LIIII. Apud Adr. Turnebum..., in-8°). Au-dessous du titre est la signature de Racine. Au commencement du volume, sur le feuillet de garde, on a collé un petit papier de l'écriture de notre poëte, sur lequel on lit : a La durée est de quarante-sept jours, dont il n'y a que cinq de combats, neuf de peste, onze pendant que les Dieux sont en Ethiopie; et pendant ce temps les Grecs se guérissent; onze accordés pour les funérailles d'Hector, onze pour les funérailles de Patrocle.

« Des cinq mêmes [c'' est-à-dire des cinq jours de combat), un jour de trêve pour enterrer les morts,

<c VirgilCj en Italie, deux mois et demi. »

Cette lîetite note ne peut pas être du même temps que les notes marginales du volume; car, à la différence de celles-ci, elle est d'une écriture qui rappelle celle des manuscrits qui sont des derniers temps de la vie de Racine. Mais nous allons voir que, dans l'annotation marginale. Racine s'est beaucoup occupé pareillement de déterminer la durée de l'action de Viliade et d'en noter les journées.

A l'annotation de Viliade écrite sur les marges d'un livre, Racine ne pouvait donner les mêmes développements qu'à son manuscrit des Remarques sur V Odyssée. C'est par cela même un travail d'un moindre intérêt. De ces notes

lijG LIVRES AWWOTÉS.

marginales quelques-unes sont purement philologiques, d'autres se bornent à des indications très-sommaires et semblables à celles d'une table des matières, par exemple : « Calchas. Prophète. — Paris se retire. — Discours d'Iris à Hélène, etc. » Nous ne transcrirons que les notes plus significatives, et celles qui appartiennent plus en propre à Racine.

Nous venons de dire que les notes sur V Iliade étaient un travail moins intéressant que les Remarques sur VOdjssée, parce qu'il est moins étendu. Toutefois on y trouvera autant de goût, et un sentiment aussi juste des beautés d'Homère. Comme on y rencontre fort peu de tours et d'expressions qui aient vieilli, et qu'on y est frappé de la maturité du jugement, nous croirions volontiers qu'elles n'ont pas été écrites au temps de la première jeunesse, mais quelques années plus tard, probablement dans celles où Racine composait ses premières tragédies. En général, nous ne prétendons pas déterminer exactement la date d'un travail de Racine par l'écriture de ses manuscrits. Celte écriture, dans les dernières années du poète, était devenue très-différente de ce qu'elle avait été dans sa jeunesse; mais elle a dû longtemps rester la même : nous n'avons pu constater les différences qu'entre les deux termes extrêmes de son âge.

Nous indiquons à quels vers de VIliade se rapporte chacune des lemarques ou notes qui suivent; mais nous nous contentons en général de donner le numéro de ces vers, sans en citer le texte. Quelquefois seulement il a fallu, par exception, rappeler quelques mots du passage annoté, lorsque autrement la note de Racine n'eût pas été intelligible.

M. de la Rochefoucauld Liancourt, dans ses Etudes sur Racine [V° partie, Etudes littéraires, p. 5-42), a donné, avant nous, les mêmes notes sur VIliade^ mais très- inexactement, suivant son habitude, et en y introduisant beaucoup de changements. Quelques-uns des passages ajoutés par lui sont évidemment de son propi-e cru; mais il y en a qui sembleraient avoir été recueillis sur les marges d'un autre exemplaire de VIliade que Racine aurait également annoté, et que nous n'avons pas vu, peut-être un de ceux que nous venons de mentionner plus haut.

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