‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 291 sur 394 · DE RAGIWE A MADExMOISELLE V1T4Rt · texte numérisé non relu

DE RAGIWE A MADExMOISELLE V1T4Rt

A Uzés, le i5. mai 1662.

Encore n'avez- vous pas oublié mon nom : j'en avois bien peur pourtant, et je croyois être tout à fait disgracié auprès de vous, vu que, depuis plus de trois mois, vous n'avez pas donné la moindre marque que vous me connussiez seulement. Mais enfin Dieu a voulu que vous ayez écrit un dessus de lettre, et cela m'a un |

dire : « vous ne serez'pas seulement sous-prieur. » Voyez la ISotlce h io graphique^ p. 45, note i.

17. Antoine Poignant, fils de^Jeanne Chéron, qui était la tante maternelle de la [mère de Racine. Voyez la Notice biographique^ p. 37 et 38. Poignant| était, comme on sait, un des plus intimes amis de la Fontaine.^ Voyez ^l'Z/^^^o/re'^e la) vie et des ouvrages d" J. de la Fontaine par Walckenaer, p. 14 (4® édition).

Lettre 28.' — i. Revue sur l'autographe, conservé à la Bibiio, thèque impériale.

LETTRES

neiî remis. Jugez quelle reconnoissance j'aurois pour — une lettre toute entière ! Je ne sais pas ce qui me prive * d'un si grand bien, et pour quelle raison votre bonne volonté s'est sitôt éteinte. Je fondois ma plus grande consolation sur les lettres que je pourrois quelquefois recevoir de vous , et une seule par mois auroit suffi

, pour me tenir toujours dans la meilleure humeur du monde; et dans cette belle humeur je vous aurois écrit mille belles choses. Les vers ne m'auroient rien coûté du tout, et vos lettres m'auroient inspiré un génie tout extraordinaire. C'est pourquoi, si je ne fais rien qui vaille, prenez-vous-en à vous-même, et croyez que je ne suis paresseux que parce que vous l'êtes toute la première : j'entends lorsqu'il s'agit d'écrire ; car en d'autres choses vous ne l'êtes pas, Dieu merci. Vous faites assez d'ouvrage, vous deux M. Vitart, et j'avois bien prédit que Mme Vitart treuveroit de l'occupation

! à son retour de Chevreuse^. On m'a mandé que vous ne laisseriez pas pour cela de faire un tour à la Ferté, et que ce voyage qu'on médite depuis si longtemps s'accompliroit à la Pentecôte^. J'enrage de n'y être pas, et vous n'en doutez pas, comme je crois, quoique vous ne vous en mettiez guère en peine ^, et peut-être ne songerez-vous pas une seule fois à la triste vie que

^ je mène ici, pendant que toute votre compagnie se di-

i vertira fort à son aise. Il ne faut pas demander si Monsieur l'Abbé fait l'entendu à présent. Nous mènerons ,

j dit-il, Mlle Vitart à la campagne avec M. et Mlle le

2. Mme Vitart avait été, au mois de janvier précédent, à Chevreuse, pour l'accouchement de Mlle Sellyer. Voyez la lettre à Made-

I molselle Vitart^ du 3i janvier 1662, et la note 4 de cette lettre, p. 44^-

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