DE RAGfNE A M. VITARÏ
A Usez, le lô^""^ mai [1662].
Vous aurez sans doute reçu mes lettres, qui étoient du même jour que votre dernière. Je vous suis infiniment obligé de la peine que vous avez prise de m'envoyer un démissoire. Je ne l'aurois jamais eu si je ne l'eusse reçu que de D. Cosme^ . Il y a deux mois qu'il ne nous a point écrit, ni à mon oncle ni à moi. INous n'en savons pas le sujet, et nous ignorons tout de même à quoi en est le bénéfice d'Anjou^. Mon oncle est tout prêt de vous l'abandonner, puisque aussi bien il n'en espère plus rien. Mais j'ai bien peur que D. Cosme ne veuille point lâcher les papiers qu'il a en main. Il n'y a que Blandin, le procureur, dont on puisse savoir l'état de l'affaire, et puis il ne faut qu'une lettre pitoyable de D. Cosme pour faire pitié à mon oncle*, qui laissera perdre cette affaire entre ses mains. Comme, la dernière fois qu'il m'écrivit, il me mandoit que son âme ne tenoit plus qu'à un filet, tant il a voit pris de peine 5 jugez si cela ne touclieroit pas son frère. Au reste, je vous prie très-lmmblement de m'acquitter d'un grand merci envers Monsieur le prieur de la Ferté et M. du Chesne^. Je reconnois beaucoup la bonne volonté qu'ils ont tous deux témoignée pour moi. Si je savois où demeure M. du Chesne le fils, je lui écrirois ; car je serois lion-
Lettre 29. — i. Revue sur l'autographe, conservé à la Bibliothèque impériale.