‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 353 sur 394 · DE BOILEAU A RACINE · texte numérisé non relu

DE BOILEAU A RACINE

A Auteuil, le 26. mai [1687].

Je ne me suis point hâté de vous répondre^, parce

vêque de Reims depuis l'année 1671 : voyez au tome V, p. 146, note 3.

25. Jean-Jacques de Mesmes, comte d'Avaux, président à mortier au Parlement, né en 1640, mort le 9 janvier 1688. Il était entré à l'Académie française en 1676.

26. Guillaume Egon, évêque de Strasbourg. La Gazette du 3imai 1687 dit qu'il arriva le 23 mai à Luxembourg, en même temps que le comte Ferdinand de Furstemberg , premier ministre et envoyé extraordinaire de l'archevêque de Cologne.

27. Saar-Bockenlieim, petite ville du comté de Saar-Werden, aujourd'hui dans le département du Bas-Rhin. — On voit par la Gazette de France que ce nom s'écrivait en effet Bouquenon^ et que Louis XIV, lors d'un voyage qu'il fit, en i683, en Alsace, s'arrêta quelques jours (3o juin à 5 juillet) dans ce lieu. {Note de Berriat- Saint-Prix.)

28. La fin de la lettre manque. Quelques éditeurs, après le mot veulent^ ont ajouté : « voir le Roi. » Il est dit dans l'édition de 1807 que la suscription de cette lettre est : « A M. Despréaux, chez M. l'abbé de Dreux, cloître Notre-Dame, à Paris. » Nous ne trouvons pas cette adresse sur l'original.

Lettre 63. — i. Publiée par Cizeron-Rival. Elle manque dans le Recueil de Louis Racine, Nous avons suivi le texte de Berriat- Saint-Prix, qui a été revu par lui sur l'autographe.

2. Si Boileau a écrit cette lettre le 26 mai, il s'est au contraire hâté de répondre , comme le fait bien remarquer Berriat-Saint- Prix. Pour résoudre la difficulté, il propose une de ces deux conjectures : que Racine s'est trompé sur la date de sa l^ettre, et qu'il a par mégarde écrit le 24 mai^ au lieu du 22; ou que Boileau lui-

que je n'avois rien à vous mander que ce que je vous avois déjà écrit dans ma dernière lettre. Les choses sont changées depuis. J'ai quitté au bout de cinq semaines le lait d'ànesse, parce que non-seulement il ne me rendoit point la voix, mais qu'il commençoit à m'ôter la santé en me donnant des dégoûts et des espèces d'émotions tirant à fièvre. Tout ce que vous a dit M. Dodart est fort raisonnable, et je veux croire sur sa parole que tout ira bien; mais, entre nous, je doute que ni lui, ni personne connoisse bien ma maladie ni mon tempérament. Quand je fus attaqué de la difficulté de respirer, il y a vingt-cinq ans, tous les médecins m'assuroient que cela s'en iroit, et me rioient au nez quand je témoignois douter du contraire. Cependant cela ne s'est point en allé, et j'en fus encore hier incommodé considérablement. Je sens que cette difficulté de respirer est au même endroit que ma difficulté de parler, et que c'est un poids fort extérieur que j'ai sur la poitrine, qui les cause l'une et l'autre. Dieu veuille qu'elles n'aient pas fait une société indissoluble ! Je ne vois que des gens qui prétendent avoir eu le même mal que moi et qui en ont été guéris; mais outre que je ne sais au fond s'ils disent vrai, ce sont pour la plupart des femmes ou de jeunes gens qui n'ont point de rapport avec un homme de cinquante ans; et d'ailleurs, si je suis original en quelque chose, c'est en infirmités, puisque mes maladies ne ressemblent jamais à celles des autres. Avec tout ce que je vous dis, je ne me couche point que je n'espère le lendemain m'éveiller avec une voix sonore ; et quelquefois même, après mon réveil, je demeure longtemps sans parler, pour m 'entretenir

mêrae a daté sa réponse du 26, croyant écrire le 29. La seconde pourrait seule être admise : voyez les notes 5 et 6 de la lettre précédente, p. 55o et 55i.

"^g~ dans mon espérance. Ce qui est de vrai, c'est qu'il n'y a point de nuit que je ne recouvre la voix en songe ; mais je reconnois bien ensuite que tous les songes, quoi qu'en dise Homère ^, ne viennent pas de Jupiter, ou il faut que Jupiter soit un grand menteur. Cependant je mène une vie fort chagrine et fort peu propre aux conseils de M. Dodart, d'autant plus que je n'oserois m'appliquer fortement à aucune chose, et qu'il ne me sort rien du cerveau qui ne me tombe sur la poitrine et qui ne me ruine encore plus la voix. Je suis bien aise que votre mal de gorge vous laisse au moins plus de liberté, et ne vous empêche pas de contempler avec M. de Vauban les merveilles de Luxembourg. Vous avez raison d'estimer comme vous faites M. de Vauban. C'est un des hommes de notre siècle, à mon avis, qui a le plus prodigieux mérite, et pour vous dire en un mot ce que je pense de lui, je crois qu'il y a plus d'un maréchal de France qui, quand il le rencontre, rougit de se voir maréchal de France Vous avez fait une grande acquisition en l'amitié de M. d'Espagne, et c'est ce qui me fait encore plus déplorer la perte de ma voix, puisque c'est vraisemblablement ce qui m'a fait aussi manquer cette acquisition. J'écris à M. de Flamarens \ Je veux croire que notre cher Félix est le plus malade de nous trois; mais si ce que vous me mandez est véritable, l'affliction qu'il en a est une affliction à la Pitintorine^^ je veux dire fort dévorante, et qui ne lui a pas

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