‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 376 sur 394 · Médecin de Bourbon. {Note de V édition de · texte numérisé non relu

Médecin de Bourbon. {Note de V édition de

9. Boileau a écrit ainsi ; les éditeurs de Racine et de Boileau ont substitué conjecturale à conjecturelle .

LETTRES

qu'il me rende la voix, mais qu'il me donne la vertu et la piété de M. de Saint-Laurent, ou de M. Nicole, ou même la vôtre , puisque , avec cela , on se moque des périls.

S'il y a quelque malheur dont on se puisse réjouir, c'est, à mon avis, de celui des comédiens. Si on continue à les traiter comme on fait, il faudra qu'ils s'aillent établir entre la Villette et la porte Saint-Martin : encore ne sais-je s'ils n'auront point sur les bras le curé de Saint-Laurent ^^

Je vous ai une obligation infinie du soin que vous prenez d'entretenir un misérable comme moi. L'offre que vous me faites de venir à Bourbon est tout à fait héroïque et obligeante ; mais il n'est pas nécessaire que vous veniez vous enterrer inutilement dans le plus vilain lieu du monde, et le chagrin que vous auriez infailliblement de vous y voir, ne feroit qu'augmenter celui que j'ai d'y être. Vous m'êtes plus nécessaire à Paris qu'ici, et j'aime encore mieux ne vous point voir, que de vous voir triste et affligé Adieu, mon cher Monsieur. Mes recommandations à M. Félix, à M. de Termes et à tous nos autres amis.

10. La paroisse de Saint-Laurent s'étendait jusque-là. {Note de Berriat-Saint-Prix.)

11. L'offre si cordiale, et évidemment si sincère, que Racine avait faite à Boileau, et les raisons que donne celui-ci pour ne pas l'accepter, font trop bien connaître, non-seulement l'amitié des deux poëtes, mais plus particulièrement le caractère de Racine, pour que nous n'appelions pas ici l'attention du lecteur.

LETTRES

- — DE RACINE A BOILEA.U.

A Paris, ce i3« août [1687].

Je ne vous écrirai aujourd'hui que deux mots; car outre qu'il est extrêmement tard, je retiens chez moi pénétré de frayeur et de déplaisir. Je sors de chez le pauvre M. Hessin\ que j'ai laissé à l'extrémité : je doute qu'à moins d'un miracle je le retrouve demain en vie. Je vous conterai sa maladie une autre fois, et je ne vous parlerai maintenant que de ce qui vous regarde. Vous êtes un peu cruel à mon égard, de me laisser si longtemps dans l'horrible inquiétude où vous avez bien dû juger que votre lettre à Mme Manchon me pouvoit jeter^. J'ai vu M. Fagon, qui, sur le récit que je lui ai fait de ce qui est dans cette lettre, a jugé qu'il falloit quitter sur-le-champ vos eaux. Il dit que leur effet naturel est d'ouvrir l'appétit, bien loin de l'ôter. Il croit même qu'à l'heure qu'il est vous les aurez interrompues, parce qu'on n'en prend jamais plus de vingt jours de suite. Si vous vous en êtes trouvé considérablement bien, il est d'avis qu'après les avoir laissées pour quelque temps, vous les recommenciez ; si elles ne vous ont fait aucun bien, il croit qu'il faut les quitter entièrement. Le Roi me demanda avant-hier au soir si vous

Lettre yS (revue sur l'autographe, conservé à la Bibliothèque impériale). — i . Une lettre delà Fontaine à M. de Bonrepaux, qui est de la même date que celle-ci, fait aussi mention de cette maladie de M. Hessein. {Note de réditlon de 1807.) — Dans l'édition de M. Walckenaer, cette lettre de la Fontaine est datée (nous ne savons si c'est par erreur) du 3 1 et non du i3 août. L'état de M. Hessein j est présenté comme bien moins grave que Racine ne le dit ici. On y lit : c< Il n'y a nul mauvais accident dans sa maladie. »

2. On voit par là que Racine n'avait pas encore reçu la lettre de Boileau en date du 9 août {lettre 71). Il y répond dans la lettre suivante.

LETTPvES.

7^ étiez revenu : je lui répondis que non, et que les eaux jusqu'ici ne vous avoient pas fort soulagé. Il me dit ces propres mots : « Il fera mieux de se remettre à son train de vie ordinaire ; la voix lui reviendra lorsqu'il y pensera le moins. » Tout le monde a été charmé de la bonté que S. M. a témoignée pour vous en parlant ainsi, et tout le monde est d'avis que, pour votre santé, vous ferez bien de revenir. M. Félix est de cet avis, le premier médecin et M. Moreau^ en sont entièrement. M. du Tartre * croit qu'absolument les eaux de Bourbon ne sont point bonnes pour votre poitrine, et que vos lassitudes en sont une marque. Tout cela, mon cher Monsieur, m'a donné une furieuse envie de vous voir de retour. On dit que vous trouverez de petits remèdes innocents qui vous rendront infailliblement la voix, et qu'elle reviendra d'elle-même quand vous ne feriez rien. M. le maréchal de Bellefont^ m'enseigna hier un remède dont il dit qu'il a vu plusieurs gens guéris d'une extinction de voix: c'est de laisser fondre dans sa bouche un peu de myrrhe, la plus transparente qu'on puisse trouver; d'autres se sont guéris avec de la simple eau de poulet, sans compter \ erisimum; enfin, tout d'une voix, tout le monde vous conseille de revenir. Je n'ai jamais vu une santé plus généralement souhaitée que la vôtre. Venez donc, je vous en ^ conjure, et à

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