Voyez ci-dessus, p. 671, la note 12 de la lettre
LETTRES
voie plusieurs inscriptions sur lesquelles il me prie de dire " mon avis. Elles me paroissent toutes foj^t spirituelles; mais je ne saurois pas lui mander cette fois ce que j'y trouve à redire : ce sera pour le premier ordinaire. M. Boursaut^, que je croyois mort, me vint voir il y a cinq ou six jours, et m'apparut le soir assez subitement : il me dit qu'il s'étoit détourné de trois grandes lieues du chemin de Mont-Luçon, où il alloit et où il est habitué, pour avoir le bonheur de me saluer. Il me fit offre de toutes choses , d'argent , de commodités , de chevaux. Je lui répondis avec les mêmes honnêtetés, et voulus le retenir pour le lendemain à dîner ; mais il me dit qu'il étoit obligé de s'en aller dès le grand matin : ainsi nous nous séparâmes amis à outrance. A propos d'amis, mes baisemains, je vous prie, à tous nos amis communs. Dites bien à M. Quinaut^ que je lui suis infiniment obligé de son souvenir, et des choses obligeantes qu'il a écrites de moi à M. l'abbé de Sales ^. Vous pouvez l'assurer que je le compte présentement au rang de mes meilleurs amis, et de ceux dont j'estime le plus le cœur et l'esprit. Ne vous étonnez pas si vous recevez quelquefois mes lettres un peu tard, parce que la poste n'est point à Bourbon, et que souvent,
7. Boursault étoit alors receveur des fermes à Mont-Luçon, d'où, à l'occasion de son emploi, il écrivit une lettre assez connue. Boileau l'avoit attaqué dans ses satires. Boursault, pour s'en venger, fit imprimer contre lui une comédie intitulée : Satire des satires. Cependant, quand il sut Boileau malade à Bourbon, il alla le voir, et lui offrit sa bourse. Boileau, sensible à ce trait de générosité, ôta, dans la suite, de ses satires le nom de Boursault. {Note de Louis Racine.)
8. Celui même que Boileau avait autrefois si maltraité dans ses satires. Il mourut l'année d'après la date de cette lettre. {Note de r édition de 1807.)