Racine avait d'abord écrit : « bien des offensés
17. « Hélas ! je crains que l'Andrienne n'apporte quelque mal. » (Térence, Andrienne^ acte I, scène i, vers 78.)
Lettre 78. — i. Revue sur l'autographe, conservé à la Bibliothèque impériale.
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Soi
cesse de Conti soit dans le sentiment où elle est. ' Quand elle auroit perdu la voix, il lui resterait encore un million de charmes pour se consoler de cette perte, et elle seroit encore la plus parfaite chose que la nature ait produite depuis longtemps^. Il n'en est pas ainsi d'un misérable qui a besoin de sa voix pour être souffert des hommes, et qui a quelquefois à disputer contre M. Charpentier. Quand ce ne seroit que cette dernière raison, il doit risquer quelque chose, et la vie n'est pas d'un si grand prix qu'il ne la puisse hasarder pour se mettre en état d'interrompre un tel parleur. J'ai donc tenté l'aventure du demi-bain avec toute l'audace imaginable, mes valets faisant lire leur frayeur sur leurs visages, et M. Bourdier s'étant retiré pour n'être point témoin d'une entreprise si téméraire. A vous dire vrai, cette aventure a été un peu semblable à celle des maillotins ^ dans Don Guichot : je veux dire qu'après bien des alarmes, il s'est trouvé qu'il n'y avoit qu'à rire, puisque non - seulement le bain ne m'a point augmenté la fluxion sur la poitrine , mais qu'il me l'a même fort soulagée, et que s'il ne m'a rendu la voix, il m'a du moins en partie rendu la santé. Je ne l'ai encore essayé que quatre fois, et M. Amyot prétend le pousser jusqu'à dix. Après quoi, si la voix ne me
2. Voici encore un passage qui ne laisse pas douter que Boileau ne sût fort bien que ses lettres seraient montrées. Voyez ci-dessus, p, 591, note 4 de la lettre 76. On voit d'ailleurs par la lettre de Racine, datée du 5 septembre 1687 (p. 608), que celle-ci fut communiquée par lui aux P.P. Rapin et Bouhours. Il dut aussi la faire lire à la coin-.
3 . Par l'aventure des maillotins il désigne probablement celle des moulins à foulon {Don Quichote ^ partie I, chapitre xxix), moulins qui, dans les traductions anciennes, telles que celles de 1620 et 1668, sont désignés par les mots maillets à fouies ou à foulon^ correspondants aux mots du texte original, macos de batan. {Note de Berriat -Saint-Prix .)
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'revient, il m'assure qu'il me donnera mon congé. Je conçois un fort grand plaisir à vous revoir et à vous embrasser ; mais vous ne sauriez croire pourtant tout ce qui se présente d'affreux à mon esprit quand je songe qu'il me faudra peut-être repasser muet par ces mêmes hôtelleries, et revenir sans voix dans ces mêmes lieux où l'on m'avoit tant de fois assuré que les eaux de Bourbon me guériroient infailliblement. Il n'y a que Dieu et vos consolations qui me puissent soutenir dans une si juste occasion de désespoir. J'ai été fort frappé de l'agréable débauche de Monseigneur chez Mme la princesse de Conti. Mais ne songe-t-il point à l'insulte qu'il a fait par là à tous Messieurs * de la Faculté ? Passe pour avaler le quinquina sans avoir la fièvre; mais de le prendre sans s'être préalablement fait saigner et purger, c'est une chose qui crie vengeance, et il y a une espèce d'effronterie à ne se point trouver mal après un tel attentat contre toutes les règles de la médecine. Si Monseigneur et toute sa compagnie avoient, avant tout, pris une dose de séné dans quelque sirop convenable, cela lui auroit à la vérité coûté quelques tranchées, et Fauroit mis, lui et tous les autres, hors d'état de dîner ; mais il y auroit eu au moins quelques formes gardées, et M. Bachot^ auroit trouvé le trait galant, au lieu que,
4. Boileau a écrit ainsi, et non « à tous ces Messieurs, » comme la plupart des éditeurs le lui font dire.
5. Etienne Bachot, médecin et poëte latin, né à Sens, mort à Paris, le 18 mai 1688. Il reste de lui plusieurs écrits, les uns en français, les autres en latin, où il a exposé ses doctrines médicales. C'était un grand partisan de la saignée , un véritable Tomès, et, comme l'étaient alors tous les plilébotomisants, un docteur orthodoxe, qui faisait la guerre à l'émétique, à la médecine nouvelle, à la médecine chimique, un sévère gardien des formes. Voyez particulièrement son Apologie ou Défense pour la saignée contre ses calomniateurs (i volume in-S», à Paris, chez Sébastien Cramoisy, M.DC.XLVI), où, dans un style digne des médecins de Molière, il
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de la manière dont la chose s'est faite, cela ne sau- ^ roit jamais être approuvé que des gens de cour et du monde, et non point des véritables disciples d'Hippocrate, gens à barbe vénérable, et qui ne verront point assurément ce qu'il peut y avoir eu de plaisant à tout cela. Que si personne n'en a été malade, ils vous répondront qu'il y a eu du sortilège. Et en effet. Monsieur, de la manière dont vous me peignez Marly, c'est un véritable lieu d'enchantement. Je ne doute point que les fées n'y habitent. En un mot, tout ce qui s'y dit et ce qui s'y fait me paroît enchanté ; mais surtout les discours du maître du château ont quelque chose de fort ensorcelant, et ont un charme qui se fait sentir jusqu'à Bourbon. De quelque pitoyable manière que vous m'ayez conté la disgrâce des comédiens, je n'ai pu m' empêcher d'en rire. Mais, dites-moi. Monsieur, supposé qu'ils aillent habiter où je vous ai dit, croyez-vous qu'ils boivent du vin du cru? Ce ne seroit pas une mauvaise pénitence à proposer à M. de Chammeslé^ pour tant de bouteilles de vin de Champagne qu'il a bues, vous savez aux dépens de qui. Vous avez raison de dire qu'ils auront là. un merveilleux théâtre pour jouer les pièces de M. Pradon; et d'ailleurs ils y
invective contre « la, jfacaille , » qui traite les maladies « chimiquement, empiriquement, et jamais raisonnablement; » et où il défend mordicus les remèdes les plus méthodiques ^ « bien que le succès ne réponde pas toujours à la fin que l'on s'étoit proposée. » Par là s'explique ce que Boileau dit ici de lui. L'année même où fut écrite cette lettre de Boileau, c'est-à-dire en 1687, Bachot publia un autre écrit pour la défense de la saignée (celui-ci en latin), que nous n'avons pu voir, mais qui pourrait bien être celui auquel Boileau fait allusion. Berriat-Saint-Prix a eu raison, on le voit, de dire que Bachot était un médecin, plutôt qu'un apothicaire, comme l'avait cru Saint-Surin.
6. Le mari de la Chammeslé, grand ivrogne. {Note de Louis Racine.)
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auront une commodité, c'est que quand le souffleur aura oublié d'apporter la copie de ses ouvrages, il en trouvera infailliblement une bonne partie dans les précieux dépôts qu'on apporte tous les matins en cet endroit. M. Fagon n'a point écrit à M. Bourdier. Faites bien des compliments pour moi à M. Rose. Les gens de son tempérament sont de fort dangereux ennemis ; mais il n'y a point aussi de plus chauds amis, et je sais qu'il a de l'amitié pour moi. Je vous félicite des conversations fructueuses que vous avez eues avec Mgr de Louvois, d'autant que j'aurai part à votre récolte. Ne craignez point que M. Marchand m'arrête à Bourbon. Quelque amitié que j'aie pour lui, il n'entre point en balance avec vous, et l'Andrienne n'apportera aucun mal^. Je meurs d'envie de voir les Réflexions de M. Nicole, et je m'imagine que c'est Dieu qui me prépare ce livre à Paris pour me consoler de mon infortune. J'ai fort ri de la raillerie que vous me faites sur les gens à qui j'ai pardonné : cependant savez-vous bien qu'il y a à cela plus de mérite que vous ne croyez, si le proverbe italien est véritable, que chi offende non perdona^ ? L'action de Monsieur de Lorraine ne me paroît point si inutile qu'on se veut imaginer, puisque rien ne peut mieux confirmer l'assurance de ses troupes, que de voir que les Turcs n'ont osé sortir de leurs retranchements, ni même donner sur son arrière-garde dans sa retraite ; et il faut en effet que ce soit^ de grands coquins pour l'avoir ainsi laissé repasser la Drave. Croyez-moi, ils seront battus, et la retraite de Monsieur de Lorraine a plus de rapport à la retraite de César quand il décampa devant Pom-
7. Voyez ci-dessus, p. 600, le vers de Térence que Racine avait cité.