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tous ses talents. Comme il trouva qu'elle n'excelloit ni dans le clavecin, ni dans le chant, ni dans la danse, il lui dit : « On vous a tout appris, Mademoiselle, hormis à plaire : c'est pourtant ce que vous savez le mieux. »
Il mortifia cependant, sans le vouloir, Rarbin le libraire, qui s'étoil fait une fête de lui donner à diner dans une maison de campagne très-petite1, mais très-ornée, dont il faisoit ses délices. Après le diner, Rarbin le mène 2 admirer son jardin, qui était très-peigné, mais fort petit, comme la maison. Roileau, après en avoir fait le tour, appelle son cocher, et lui ordonne de mettre ses chevaux. « Eh! pourquoi donc, lui dit Rarbin, voulez-vous vous en retourner si promptement? — C'est, répondit Roileau, pour aller à Paris prendre l'air. »
Il pouvoit dire de lui-même comme Horace s :
Irasci celerem, tamen ut placabilis essem.
Il eut un jour une dispute fort vive avec son frère le chanoine4, qui lui donna un démenti d'une manière assez dure. Les amis communs voulurent mettre la paix, et l'exhortèrent à pardonner à son frère : « De tout mon cœur, répondit-il, parce que je me suis possédé : je ne lui ai dit aucune sottise. S'il m'en étoit échappé une, je ne lui pardonnerois de ma vie. »
Il avoit l'esprit trop solide pour être un homme à bons mots; mais il a fait souvent des réponses pleines de sens. Elles sont presque toutes mal rendues et défigurées dans le Bolxana. J'en rapporterai quelques-unes dans la suite de ces Mémoires quand l'occasion s'en présentera, et je ne rapporterai que celles dont je me croirai bien instruit.
Quoiqu'il ait respecté dans tous les temps de sa vie la sain-
i. Dans le Racine de M. Aimé-Martin, et dans l'édition de 1808 des OEuvres de Louis Racine, on a omis quelques mots de cette phrase. On v lit : « qui s etoit fait une maison de campagne très-petite. »
2. Dans les éditions antérieures a la nôtre : « il le mène.» Qu'Exemplaire corrigé a remplacé il par Barbin. — Le Boleeana raconte cette anecdote, p. 67.