‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 132 sur 311 · ÉPITAPHE · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE

« Ici repose le corps de Messire Jean Bacine , trésorier de France, secrétaire du Boi, gentilhomme ordinaire de sa maison*, et l'un des

1. Boileau a effacé après « épitaphje » les mots : « de M. Racine , » et écrit cette note : « Il faut supprimer ceci. »

■>.. a De sa chambre, » dans le texte de L. Racine.

quarante de l'Académie françoise, qui, après avoir longtemps charmé la France ' par ses excellentes poésies profanes, consacra ses muses à Dieu, et les employa uniquement à louer le seul objet digne de louange' 2. Les raisons indispensables qui l'attachoient à la cour l'empêchèrent de quitter le monde ; mais elles ne l'empêchèrent pas de s'acquitter exactement 5 au milieu du monde de tous les devoirs de la piété et de la religion. Il fut choisi avec un de ses amis * par le roi Louis le Grand pour rassembler en un corps d'histoire les merveilles de son règne, et il étoit occupé à ce grand ouvrage, lorsque tout à coup il fut attaqué d'une longue 8 et cruelle maladie, qui à la fin l'enleva de ce séjour de misères , dans 6 sa cinquante-neuvième 7 année. Bien qu'il eût extrêmement redouté la mort , lorsqu'elle étoit8 encore loin de lui , il la vit de près sans s'étonner, et mourut beaucoup plus rempli d'espérance que de crainte, dans une entière résignation à la volonté de Dieu. Sa perte affligea 9 sens.blement ses amis , entre lesquels il pouvoit compter les plus considérables personnes ,0 du rovaume, et il fut regretté du Roi même. Son humilité et l'affection particulière qu'il eut toujours pour cette maison ", où il avoit reçu dans sa jeunesse les premières instructions du christianisme42, lui firent souhaiter d'être enterré sans pompe au-

i. Dans la copie de l'abbé Boileau, « charmé la France » est biffé; Boileau y a substitué de sa main : « brillé aux yeux des hommes. » ' 2 Dans la même copie, Boileau a biffé : « consacra ses muses à Dieu, etc.,» jusqu'à « digne de louange, » et mis à la place: «renonça à cette vauie gloire, et employa uniquement ses vers à célébrer les louanges de Dieu. » Craigmt-Ù qu'a la cour on ne trouvât trop forts ces mots : « le seul objet digne de louange, » qui rappellent le : Dieu seul est grand, mes frères, de Massillon?

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