SUR L EPITAPHE FRANÇAISE ET SUR L EPITAPHE LATINE DE RACINE
Nous croyons que L. Racine, ainsi qu'il le dit dans la dernière note de Y Exemplaire corrigé, était « mieux instruit » quand il cessa de regarder l'épitaphe latine de Racine comme l'épitaphe originale due à la plume de Boileau. Sa rectification à ce sujet, qui ne fut apparemment faite que sur des informations décisives , est d'un grand poids. Déjà en 1740, l'éditeur des OEuvres de Boileau, imprimées à Paris en 2 volumes grand in-40, (l'abbé Soucbay) avait dit : «M. Despréaux a composé cette épitaphe en françois , et M. Dodart la tourna en latin. L'épitaphe latine fut gravée sur une pierre, que l'on posa dans le cimetière des domestiques de Port-Royal des Champs, j Saint-Marc, dans l'édition qu'à son tour il donna de Boileau (Paris, 1747, 5 vol. in-12), prétendit, dans une note du tome III, p. 199, que l'éditeur de 1740 « n'avoit rien avancé que de faux. » Mais bien qu'il dise «avoir fait tout ce qu'il falloit pour savoir au juste à quoi s'en tenir, » il ne produit pas , à l'appui de sa dénégation tranchante, une seule preuve sérieuse. Vouloir reconnaître , à la latinité de l'inscription , qu'elle ne peut être que de Boileau , et non de Dodart , c'est beaucoup s'aventurer. Saint-Marc montre d'ailleurs dans cette même note qu'il était beaucoup moins bien informé que Souchay , puisqu'il y affirme que l'épitaphe de Boileau ne fut point gravée sur le tombeau de Racine, et qu'on y mit seulement celle de M. Michel Tronchai, mort chanoine de Laval.
M. Berriat-Saint-Prix {OEuvres de Boileau, tome III, p. i44 > note 4) avait très-bien remarqué que toute une ligne du texte français , tel qu'il s'est retrouvé dans les papiers de Boileau , n'a rien qui lui corresponde dans le texte latin ; c'est celle qui suit ces mots : « pour cette maison de Port-Royal des Champs, » et que voici : ï où il avoit reçu dans sa jeunesse les premières instructions du christianisme. » Il note également qu'à la fin du texte français, dans le membre de phrase : « et non pas de vains éloges qu'il te demande, s le mot vains n'a point de correspondant dans le latin. « On pour-