ACTE II, SCENE II
Que le ciel à son gré de ma perte dispose ,
J'en chérirai toujours et Tune et l'autre cause, 440
Glorieux de mourir pour le sang de mes rois,
Et plus heureux encor de mourir sous vos lois.
Aussi bien que ferois-je en ce commun naufrage * ?
Pourrois-je me résoudre à vivre davantage?
En vain les Dieux voudroient différer mon trépas, 445
Mon désespoir feroit ce qu'ils ne feroient pas.
Mais peut-être, après tout, notre frayeur est vaine2;
Attendons Mais voici Polvnice et la Reine.
Que le courroux des Dieux que je n'offensois pas.
a>'tig. Autant que votre amour votre erreur est extrême,
Et vous les offensiez beaucoup plus que moi-même.
Quelque rigueur pour vous qui parût en mes yeux,
Hélas! ils approuvoient ce qui fâchoit les Dieux.
Oui, ces Dieux, ennemis de toute ma famille,
Aussi bien que le père en détestoient la fille.
Vous aimâtes, Hémon, l'objet de leur courroux .
Et leur haine pour moi s'étendit jusqu'à vous.
C'est là de vos malheurs le funeste principe ;
Fuyez, Hémon, fuyez de la fille d'OEdipe.
Tâchez de n'aimer plus, pour plaire aux Immortels,
Et la fille et la sœur de tant de criminels.
Le crime en sa famille.... hÉm. Ah! Madame, leur crime
Ne fait que relever votre vertu sublime,
Puisque, par un effort dont les Dieux sont jaloux,
Vous brillez d'un éclat qui ne vient que de vous.
[Que le ciel à son gré de ma perte dispose....] (r664) — Les éditions de 1676-87 n'ont conservé de cette variante que les quatre premiers vers : a Aussi, quand, etc. »