Far. Je sortois pour fléchir Hémon et Polynice
3. Far. Je leur criois d'atteudre et d'arrêter leurs pas; Mais loin de s'aiTèter, ils ne m'entendoient pas.
Ils ont couru tous deux vers le champ de bataille. (1664-87) 4.antig. Je voyois de la tour le choc des deux armées,
L'une et l'autre au combat âprement animées.
(Rotrou, Antigune, acte I, scène 11.) — Dans la première scène qui suit le prologue des Phéniciennes , PAntigone d'Euripide, comme celle de Racine et de Rotrou, regarde le combat d'un lieu élevé (du toit de la maison, où (Ile e^t montée avec le Gouverneur). C'est un souvenir de l'Hélène d'Homère, lorsque du haut d'une tour elle voit l'armée des Grecs, et en fait connaître les principaux chefs a Priam et aux vieillards troyens [Iliade, chant III, vers 161-242). Mais les deux tragiques français , s'ils nous font penser à cette scène intéressante et ingénieuse, si souvent imitée par les poètes, ne l'ont point transportée sur notre théâtre plus timide. Au reste Racine , dans les notes déjà citées, fait sur les vers 1 19 et suivants des Phéniciennes une remarque qui expliquerait assez pourquoi il n'a pas cru devoir imiter cette scène : « Tout ceci n'est point de l'action; mais le poète a voulu imiter une chose qui est belle dans Homère, 1' ntivtic n d'Hélène et de Priam sur les murs de Troie. »