ACTE III, SCENE III
D'où le peuple étonné regardoit, comme moi,
L'approche d'un combat qui le glaçoit d'effroi. 6 3o
A cet instant fatal, le dernier de nos princes,
L'honneur de notre sang, l'espoir de nos provinces,
Ménecée, en un mot, digne frère d'Hémon,
Et trop indigne aussi d'être fils de Gréon1,
De l'amour du pays montrant son âme atteinte, 6 35
Au milieu des deux camps s'est avancé sans crainte 2 ;
Et se faisant ouïr des Grecs et des Thébains s :
« Arrêtez, a-t-il dit, arrêtez, inhumains ! »
Ces mots impérieux n'ont point trouvé d'obstacle :
Les soldats, étonnés de ce nouveau spectacle, 640
De leur noire fureur ont suspendu le cours ;
Et ce prince aussitôt poursuivant son discours :
« Apprenez, a-t-il dit, l'arrêt des destinées,
Par qui vous allez voir vos misères bornées.