ACTE III, SCENE IV
Je me consolerai si ce fils que je plains 7 6 5
Assure par sa mort le repos des Thébains.
Le ciel promet la paix au sang de Ménecée;
Achevez-la , Seigneur : mon fils Ta commencée ;
Accordez-lui ce prix qu'il en a prétendu ;
Et que son sang en vain ne soit pas répandu. 770
JOCASTE
Non , puisqu'à nos malheurs vous devenez sensible ,
Au sang de Ménecée il n'est rien d'impossible.
Que Thèbes se rassure après ce grand effort :
Puisqu'il change votre âme, il changera son sort.
La paix dès ce moment n'est plus désespérée : 775
Puisque Créon la veut, je la tiens assurée.
Bientôt ces cœurs de fer se verront adoucis :
Le vainqueur de Créon peut bien vaincre mes fils.
(A Étéocle.)
Qu'un si grand changement vous désarme et vous touche; Quittez, mon fils, quittez cette haine farouche; 780 Soulagez une mère , et consolez Créon : Rendez-moi Polynice , et lui rendez Hémon.
ÉTÉOCLE
Mais enfin c'est vouloir que je m'impose un maître : Vous ne l'ignorez pas, Polynice veut l'être : Il demande surtout le pouvoir souverain, 785
Et ne veut revenir que le sceptre à la main * .