‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 197 sur 311 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ÉTÉOGLE, CRÉON.

ETEOCLE.

Oui, Créon, c'est ici qu'il doit bientôt se rendre;

Et tous deux en ce lieu nous le1 pouvons attendre.

Nous verrons ce qu'il veut; mais je répondrois bien 90 5

Que par cette entrevue on n'avancera rien.

Je connois Polvnice et son humeur altière2;

Je sais bien que sa haine est encor toute entière;

Je ne crois pas qu'on puisse en arrêter le cours;

Et pour moi, je sens bien que je le hais toujours. 9 1 0

CRÉON

Mais s'il vous cède enfin la grandeur souveraine, Vous devez, ce me semble, apaiser votre haine.

Je ne sais si mon cœur s'apaisera jamais :

Ce n'est pas son orgueil, c'est lui seul que je hais.

Nous avons l'un et l'autre une haine obstinée : 911

Elle n'est pas, Créon, l'ouvrage d'une année;

Elle est née avec nous ; et sa noire fureur

Aussitôt que la vie entra dans notre cœur.

Nous étions ennemis dès la plus tendre enfance;

1. Ll y a les, au lieu de le, daus l'édition de 1664- C'est une faute évidentr. a Far. Je sais que Polynice est une (a) humeur altière. (1664)

(a) Et non " d'une, » comme on l'a imprimé ailleurs.

Page 1