Dans l'édition de 1736 : « jocastf, a Étéocle
45a LA THEBAÏDE.
Dans ce même palais ou vous prîtes naissance;
Et moi, par un bonheur où je n'osois penser,
L'un et l'autre à la fois je vous puis embrasser.
Commencez donc, mes fils1, cette union si chère;
Et que chacun de vous reconnoisse son frère. 980
Tous deux dans votre frère envisagez vos traits ;
Mais pour en mieux juger, voyez-les de plus près.
Surtout que le sang parle et fasse son office.
Approchez, Etéccle; avancez, Polynice —
Hé quoi? loin d'approcher, vous reculez tous deux!' 9 s s
D'où vient ce sombre accueil et ces regards fâcheux2?
N'est-ce point que chacun d une àme irrésolue,
Pour saluer son frère, attend qu'il le salue ;
Et qu'affectant l'honneur de céder le dernier,
L'un ni l'autre ne veut s'embrasser le premier? 990
Étrange ambition qui n'aspire qu'au crime,
Ou le plus furieux passe pour magnanime !
1. L'édition de 1697, que nous suivons d'ordinaire, et celles de 1702, 17 13, 1736, ont dans ce vers : a. mon fils, » an lieu de : oc mes 61s ; » mais il e^t très-vraisemblable que c'est une faute d'impression de 1697. Est-ce pour expliquer ce singulier que l'édition de 1736 porte en tête de ce couplet de la Reine : « jocaste, à Eteocle? » Voyez la note précédente.