‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 222 sur 311 · A ces personnages 1736 ajoute : « Gardes · texte numérisé non relu

A ces personnages 1736 ajoute : « Gardes

472 LA THEBAIDE.

De la chute des rois vous êtes les auteurs;

Mais les rois en tombant entraînent leurs flatteurs.

Vous le voyez, Créon, sa disgrâce mortelle

Vous est funeste autant qu'elle nous est cruelle :

Le ciel, en le perdant, s'en est vengé sur vous, 1295

Et vcus avez peut-être à pleurer comme nous.

Madame, je l'avoue ; et les destins contraires

Me font pleurer deux fils, si vous pleurez deux frères.

ANTIGONE

Mes frères et vos fils ! Dieux! que veut ce discours? Quelqu'autre qu'Etéoele a-t-il fini ses jours? 1 3 00

CRÉON

Mais ne savez-vous pas cette sanglante histoire ?

ANTIGONE

J'ai su que Polynice a gagné la victoire, Et qu'Hémon a voulu les séparer en vain.

CRÉON

Madame, ce combat est bien plus inhumain.

Vous ignorez encor mes pertes et les vôtres; 1 3o5

Mais, hélas ! apprenez les unes et les autres.

ANTIGONE

Rigoureuse Fortune, achève ton courroux.

Ah ! sans doute, voici le dernier de tes coups.

CRÉON

Vous avez vu, Madame, avec quelle furie

Les deux princes sortoient pour s'arracher la vie; 1 3 1 o

Que d'une ardeur égale ils fuyoient de ces lieux ' ,

Et que jamais leurs cœurs ne s'accordèrent mieux.

La soif de se baigner dans le sang de leur frère

Faisoit ce que jamais le sang n'avoit su faire :

Par l'excès de leur haine ils sembloient réunis; 1 3 1 5

1. fur. Que d'une égale ardeur ils y couroient tous deux. (1664)

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