Var. Et la seule fureur précipitant leur bras
4. Var. Leurs ordres absolus qui nous retenoient tons. (1664-87)
Mais il s'efforce en vain d'en arrêter le cours;
Et ces deux furieux se rapprochent toujours.
Il tient ferme pourtant, et ne perd point courage;
De mille coups mortels il détourne l'orage,
Jusqu'à ce que du Roi le fer trop rigoureux, i 33 5
Soit qu'il cherchât son frère, ou ce fils malheureux,
Le renverse à ses pieds prêt à rendre la vie1.
ANTIGONE
Et la douleur encor ne me l'a pas ravie !
CRÉON
J'y cours, je le relève, et le prends clans mes bras;
Et me reconnoissant : « Je meurs, dit-il tout bas, 1340
Trop heureux d'expirer pour ma belle princesse.
En vain à mon secours votre amitié s'empresse :
C'est à ces furieux que vous devez courir.
Séparez-les, mon père, et me laissez mourir. »
Il expire à ces mots. Ce barbare spectacle 1345
A leur noire fureur n'apporte point d obstacle;
Seulement Polynice en paroît affligé :
« Attends, Hémon, dit-il, tu vas être vengé. «
En effet sa douleur renouvelle sa rage,
Et bientôt le combat tourne à son avantage. 1 3 5o
Le Roi, frappé d'un coup qui lui perce le flanc,
Lui cède la victoire, et tombe dans son sang.
Les deux camps aussitôt s'abandonnent en proie,
Le nôtre à la douleur, et les Grecs à la joie;
Et le peuple, alarmé du trépas de son roi, 1 35 5
Sur le haut de ses tours témoigne son effroi .
Polynice, tout fier du succès de son crime,
1. Cette mort d'Hémon, au milieu du combat d'Etéocle et de Polynice, est de l'invention de Raciue. Dans Rotrou, comme daus Euripide , Hémon suivit aux deux frères. On sait qu'il joue un rôle dansl'. lntigone de Sophocle, dont l'action est postérieure en date à celle de toutes ces tragédies des Frères ennemis.