CRÉON, OLYMPE, ATTALE
OLYMPE
Qu'attendez-vous, Seigneur? la princesse n'est plus.
CRÉON
Elle n'est plus, Olympe?
OLYMPE
Ah ! regrets superflus !
Elle n'a fait qu'entrer dans la chambre prochaine, 1465 Et du même poignard dont est moite la Reine, Sans que je pusse voir son funeste dessein , Cette fière princesse a percé son beau sein. Elle s'en est, Seigneur, mortellement frappée, Et dans son sang, hélas! elle est soudain tombée. 147" Jugez à cet objet ce que j'ai dû sentir. Mais sa belle âme enfin, toute prête à sortir : « Cher Hémon, c'est à toi que je me sacrifie, » Dit-elle; et ce moment a terminé sa vie. J'ai senti son beau corps tout froid entre mes bras, 147' Et j'ai cru que mon àme alloit suivre ses pas : Heureuse mille fois si ma douleur mortelle Dans la nuit du tombeau m'eût plongée avec elle !
(Elle s'en va.) 1. Dans l'édition de 1736 : « CrÉon , Olympe, Attale , Gardes. ><
J. Raci\e. 1 3i