Dans les éditions de 1713 et de 1728, on lit
11 est vrai, vous ave/- toujours chose prospère.
CRÉON
Oui, leur perte m afflige, Je sais ce que de moi le rang de père exige; Je l'étois; mais surtout j'étois né pour régner; Et je perds beaucoup moins que je ne crois gagner1 . Le nom de père, Attale, est un titre vulgaire : C'est un don que le ciel ne nous refuse guère. Un bonheur si commun n'a pour moi rien de doux : Ce n'est pas un bonheur, s'il ne fait des jaloux. Mais le trône est un bien dont le ciel est avare; i445 Du reste des mortels ce haut rang nous sépare; Bien peu sont honorés d'un don si précieux : La terre a moins de rois que le ciel n'a de Dieux. D'ailleurs tu sais qu'Hémon adoroit la princesse, Et qu'elle eut pour ce prince une extrême tendresse. S'il vivoit, son amour au mien seroit fatal : En me privant d'un fils, le ciel m'ôte un rival. Ne me parle donc plus que de sujets de joie, Souffre qu'à mes transports je m'abandonne en proie; Et sans me rappeler des ombres des enfers, i45 5
Dis-moi ce que je gagne, et non ce que je perds. Parle-moi de régner, parle-moi d'Antigone; J'aurai bientôt son cœur, et j'ai déjà le trône. Tout ce qui s'est passé n'est qu'un songe pour moi: J'étois père et sujet, je suis amant et roi. 1460
La princesse et le trône ont pour moi tant de charmes, Que Mais Olympe vient.
ATTALE
Dieux ! elle est toute en larmes