‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 26 sur 311 · Lettre de Boileau au comte de Revel, 17 avril · texte numérisé non relu

Lettre de Boileau au comte de Revel, 17 avril

3. Lettre de Mme de Sévigné à Mme de Grignan, Ier avril 1671, (unie II, p. 137.

nées : « Ce ne seroit pas une mauvaise pénitence (il s'agissait de boire du vin de Pantin) à proposer à M. de Champmeslé pour tant de bouteilles de vin de Champagne qu'il a bues chez lui, vous savez aux dépens de qui1.» A cette table, où s'asseyaient Racine, la Fontaine, Boileau, Sévigné, quelquesuns des plus brillants seigneurs de la cour, et au milieu d'eux le comédien Champmeslé, très-capable d'y dire son mot, ce n'était pas l'esprit qui manquait. Mais on trouvera que ce sont là de singuliers banquets de nos dieux classiques : qu'on nous pardonne de ne pas dissimuler leurs faiblesses2. Tous les convives de « ces diableries » n'y avaient pas un beau rôle, et le plus noble n'était pas pour Champmeslé, qui laissait complaisamment courtiser sa femme. Racine, dit-on, lui fit un jour une plaisanterie qu'il nous serait impossible de trouver délicate, et qui donnerait un singulier caractère à son amour pour la Champmeslé. Cette plaisanterie n'est que trop connue par l'épigramme de Boileau : « De six amants..., etc. » Cependant Brossette dit seulement ceci, que Despréaux la fit sur Champmeslé et dans un souper chez lui3. Lorsque le commentateur du satirique l'envoya à Jean-Baptiste Rousseau, celui-ci lui répondit qu'il la connaissait déjà : « On prétend, ajoute-t-il, que c'est un bon mot de M. Racine au comédien Champmeslé4. » Tout le monde le répète après Rousseau ; mais celui-ci n'affirme rien; et il y a, pour ne pas dire plus, de fortes raisons de douter. Boileau, en dictant l'épigramme à Brossette, au milieu d'une conversation sur Racine, ne nomme pas son ami comme

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