‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 266 sur 311 · ACTE H, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE H, SCENE I

Je tremble pour mon frère, et crains que son trépas

D'un ennemi si cher n'ensanglante le bras.

Mais en vain je m'oppose à l'ardeur qui l'enflamme, 4^5

Axiane et Porus tyrannisent son âme :

Les charmes d'une reine et l'exemple d'un roi,

Dès que je veux parler, s'élèvent contre moi.

Que n'ai-je point à craindre en ce désordre extrême?

Je crains pour lui, je crains pour Alexandre même. 430

Je sais qu'en l'attaquant cent rois se sont perdus;

Je sais tous ses exploits; mais je connois Porus.

Nos peuples, qu'on a vus, triomphants à sa suite,

Repousser les efforts du Persan et du Scythe,

Et tout fiers ' des lauriers dont il les a chargés, 4 3 5

\ aincront à son exemple, ou périront vengés;

Et je crains

ÉPHESTION

Ah ! quittez une crainte si vaine :

Laissez courir Porus où son malheur l'entraîne; Que l'Inde en sa faveur arme tous ses Etats, Et que le seul Taxile en détourne ses pas. 440

Mais les voici

CLÉOFILE.

Seigneur, achevez votre ouvrage:

Par vos sages conseils dissipez cet orage; Ou s'il faut qu'il éclate, au moins souvenez-vous De le faire tomber sur d'autres que sur nous.

1. Ici, et plus loin au vers 903, il y a bien tout, sans accord, dans toutes les anciennes éditions. Voyez le Lexique, et ci-après, p. 5g4, note 1.

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