‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 277 sur 311 · ACTE 111, SCENE I. V · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE I. V

CLÉOFILE.

Que Porus est heureux ! Le moindre éloignement A votre impatience est un cruel tourment; Et si l'on vous croyoit, le soin qui vous travaille Vous le feroit chercher jusqu'au champ de bataille.

AXIANE

Je ferois plus, Madame : un mouvement si beau 7 1 5

Me le feroit chercher jusque dans le tombeau, Perdre tous mes Etats, et voir d'un œil tranquille Alexandre en payer le cœur de Cléofile.

CLÉOFILE.

Si vous cherchez Porus, pourquoi m'abandonner1? Alexandre en ces lieux pourra le ramener. 720

Permettez que veillant au soin de votre tête, A cet heureux amant l'on garde sa conquête.

AXIANE

Vous triomphez, Madame ; et déjà votre cœur

Vole vers Alexandre, et le nomme vainqueur;

Mais sur la seule foi d'un amour qui vous flatte, - 2 5

Peut-être avant le temps ce grand orgueil éclate :

Vous poussez un peu loin vos vœux précipités,

Et vous croyez trop tôt ce que vous souhaitez.

Oui, oui —

CLÉOFILE.

Mon frère vient; et nous allons apprendre Qui de nous deux, Madame, aura pu se méprendre. 730

AXIANE

Ah! je n'en doute plus; et ce front satisfait Dit assez à mes yeux que Porus est défait.

Ne cherchoit qu'à nous vendre après s'être vendu .

Et vous m'osez encor parler de votre frère?

Ali ! de ce camp, Madame, ouvrez-moi la barrière !

[clÉof. Que l'orus est heureux! Le moindre éloignement. (it)6f>)

Far. Si vous cherchez Porus, sans nous abandonner. (:666 et 72)

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