‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 305 sur 311 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

Contre un si grand courage il voulut s'éprouver,

Et vous ne l'attaquiez qu afin de le sauver. i 38 o

ALEXANDRE

Ses mépris redoublés, qui bravent ma colère,

Mériteroient sans doute un vainqueur plus sévère.

Son orgueil en tombant semble s'être affermi;

Mais je veux bien cesser d'être son ennemi.

J'en dépouille, Madame, et la haine et le titre; i 38 5

De mes ressentiments je fais Taxi le arbitre :

Seul il peut, à son choix, le perdre ou l'épargner;

Et c'est lui seul enfin que vous devez gagner.

AXIANE

Moi, j'irois à ses pieds mendier un asile?

Et vous me renvoyez aux bontés de Taxile? 1390

Vous voulez que Porus cherche un appui si bas?

Ah! Seigneur, votre haine a juré son trépas.

Non, vous ne le cherchiez qu'afin de le détruire.

Qu'une âme généreuse est facile à séduire !

Déjà mon cœur crédule, oubliant son courroux, 1 395

Admiroit des vertus qui ne sont point en vous1.

1. Ce vers et les trois précédents manquent clans l'édition de 1672. Dans celle de 1666, entre le vers 1396 et le vers 1397, on lit :

Je croyois que touché de mes justes alarmes,

Vous sauveriez Porus.... alex. Que j'écoute vos larmes,

Tandis que votre cœur, au lieu de s'émouvoir,

Désespère Taxile et brave mon pouvoir !

Pensez-vous, après tout, que j'ignore son crime?

C'est moi dont la faveur le noircit et l'opprime:

Vous le verriez sans moi d'un œil moi;,s irrité.

Mais on n'en croira pas votre injuste nerté.

Porus est son captif. A vaut qu'où le ramène,

Consultez votre amour, consultez, votre Laine.

Vous le pouvez d'un mot ou sauver ou punir :

Madame, prononcez ce qu'il doit devenir.

axiane. Hélas ! que voulez-vous que ma douleur prononce?

Pour sauver mon amaut, faut-il que j'y renonce?

Faut-il, pour obéir aux ordres du vainqueur,

Que je livre a Taxile ou Porus ou mon cœur ?

Armez-vous donc, Seigneur, d'une valeur cruelle :

Ensanglantez la fin d'une course si belle.

Après tant d'ennemis qu'on vous vit relever,

Perdez le seul enfin que vous deviez sauver. 1 400

ALEXANDRE

Hé bien ! aimez Porus sans détourner sa perte ;

Refusez la faveur qui vous étoit offerte ;

Soupçonnez ma pitié d'un sentiment jaloux ;

Mais enfin, s'il périt, n'en accusez que vous.

Le voici. Je veux bien le consulter lui-même ' : 1 4 0 5

Que Porus de son sort soit l'arbitre suprême2 .

Pourquoi m'ordonnez-vous un choix si difficile?

Abandonnez mes jours au pouvoir de Taxile,

J'y consens. Ne peut-il se venger à son tour?

Qu'il contente sa haine, et non pas son amour.

Punissez les inépiis d'une fière princesse,

Qui d'un cœur endurci le haïra sans cesse.

Cleof. Et pourquoi ces mépris qu'il n'a pas mérités,

Lui qui semble adorer jusqu'à vos cruautés ?

Pourquoi garder toujours cette haine enflammée?

axiane. C'est pour vous avoir crue et pour m'avoir aimée.

Je connois vos desseins. Votre esprit alarmé

Veut éteindre un courroux par vous-même allumé.

Vous me craignez enfin. Mais qu'il vienne, ce frère,

Il saura quelle main l'expose à ma colère :

Heureuse si je puis lui donner aujourd'hui

Plus de haine pour vous que je n'en ai pour lui ! (i66fi) \.Var. Le voici. Consultons-le en ce péril extrême. (1666)

l'ar. Il vient. Il faut l'entendre en ce péril extrême. (1672) i.Var. Je veux à son secours n'appeler que lui même. (i66f> et - >

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