I. Mémoires, tome IV, p
a. Gazette de 1678.
lia NOTICE BIOGRAPHIQUE
d'être tues, pour finir une vie si épouvantable. Cela fait rire, et ils font leur cour. Us disoient aussi qu'encore que le Roi craigne les senteurs, ce gant d' Espagne ne lui fera point de mal à la tète1. » Et Bussy répondait, comparant Racine et Despréaux à des bouffons de cour : a Je serai fort trompé si les deux poètes ne tombent à la fin comme Nogent et l'Angeli2. » Mme de Scudéry entrait dans sa passion avec non moins de complaisance que Mme de Sévigné ; elle lui mandait : <r Monsieur le Duc a mené à Ypres les historiens du Roi à la tranchée pour leur montrer de près le péril, afin qu'ils pussent mieux le dépeindre ; mais je pense que la peur les a empêchés de rien voir3. » Les frayeurs des deux poètes, les burlesques histoires que dans le camp on faisait courir sur leur compte, le surnom de ■ Messieurs du Sublime » qu'on leur donnait à la cour, Pradon a pris le soin de tout consigner dans les deux épîtres en vers qui sont en tète de ses Nouvelles Remarques * . Il se dit informé « par des personnes de la première qualité. » Voici donc ce qu'il avait appris à si bonne source :
Tu n'étois pas né pour la cour et les armes,
dit-il à Boileau,
On ne le vit que trop au voyage de Gand,
Lorsque demi-soldats, l'air presque assassinant,
Les Messieurs du Sublime, avec longue rapière,
Et du mieux qu'ils pou voient prenant mine guerrière,
Alloient, chacun monté sur un grand palefroi,
Aux bons bourgeois de Gand inspirer de l'effroi
Ces auteurs, affamés de gloire et de combats, Signaloient leur esprit au défaut de leur bras. C'est là que leur ardeur s'est encor signalée, Disant aux officiers : « Verrons-nous la mêlée? » Lorsqu'ils furent trouver un de nos généraux Pour avoir un lieu propre à mettre leurs chevaux, Et qu'il leur répondit avec un froid extrême :
i. Lettre à Bussy, 18 mars 1(178, tome V,p. 422 et 4*3.