Nécrologe île Port-Royal, p
J. Racine, i i i
i6a NOTICE BIOGRAPHIQUE
Louis Racine n'en rapporte qu'une ; c'est la seule aussi que nous lisions sur la pierre turaulaire conservée aujourd'hui encore dans l'église Saint-Étienne du Mont. Elle est en latin; mais il parait bien que Boileau, qui en est l'auteur, l'avait composée en français, et que la traduction latine, qui est fort belle, est de M. Dodart1. Jamais la main émue, mais ferme, d'un ami n'a tracé sur une tombe de plus nobles lignes , ni plus simplement touchantes. Tout y est dit, comme il convenait qu'il le fût , et la parfaite convenance atteint à la grandeur. L'autre épitaphe est de M. Tronchai. Elle est plus rigoureusement peut-être selon le véritable esprit de Port-Royal ; mais Racine n'y est plus qu'un pénitent, flagellé dans les œuvres de son génie , et dans sa gloire, cette vanité mondaine. N'eût-il pas dès lors mieux valu écrire, sans épitaphe, ce grand nom sous une croix2?
Quelques années après, la sacrilège persécution alla troubler Racine dans le dernier asile de son repos. Après la destruction de Port-Royal en 1709, les familles qui avaient des parents dans les sépultures de l'abbaye, eurent ordre de les exhumer et de leur chercher ailleurs un tombeau. Le 2 décembre 1 7 1 1 , comme l'attestent les registres de Saint-Étienne du Mont, les restes du grand poète furent transportés dans cette église, après avoir été arrachés à la terre choisie par lui comme la
1. C'est ce qu'atteste L. Racine, vers la fin de ses Mémoires, dans un passage que nous rétablissons d'après les corrections manuscrites que l'auteur a faites sur un exemplaire de son ouvrage.
2. Nous donnons aux Puces justificatives, n° XXXVI, cette épitaphe de M. Tronchai. Nous y joignons une première épitaphe, que, d'après M. de la Rochefoucauld -Liancourt [Etudes littéraires et morales de. Racine*, Boileau aurait composée. Cette épitaphe, nous dit-il, a été écrite en latin et en français; mais il ne cite que le texte français. M. de la Rochefoucauld-Liancourt a négligé là, comme ailleurs, de nous faire connaître ses sources. Nous croyons contraire à toute vraisemblance que Boileau ait jamais rien écrit de si peu digne de lui-même comme de son ami, disons le mot, de si misérable. A Port-Royal c on ne voulut pas, dit M. de la Rochefoucauld, adopter une épitaphe qui exprimait des sentiments aussi modérés sur le théâtre. » Nous voyons cependant qu'on en accepta du même auteur une autre dont la modération était bien plus grande.
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plus sainte où il pût attendre la miséricorde de Dieu. Il eut du moins pour l'accompagner dans cet exil de la tombe deux autres grands morts de Port- Royal, MM. de Saci et Antoine le Maître, auxquels les caveaux funèbres de Saint-Etienne ouvrirent leur refuge le même jour l.
Les profanateurs, dont les ordres avaient déplacé la tombe doublement sacrée d'un grand homme, ne pensèrent même pas qu'il fallût dans celte église, où ils lui accordaient encore une sépulture chrétienne, faire suivre sa dépouille de la pierre tumulaire sur laquelle avait été gravée son épitaphe. Ce monument, si digne d'un immortel respect, fut laissé parmi les ruines de l'abbaye dévastée, puis, on ne sait à quel moment ni par qui, transporté dans l'église de Magny-Lessart, voisine de Port-Royal des Champs. C'est là qu'un heureux hasard la fit retrouver, en 1808, dans le chœur, au devant du maître-autel, près du premier pilier de droite, où elle servait de dallage, au milieu de beaucoup d'autres débris semblables, qui couvraient toute la surface du sol. Elle fut aisément reconnue, quoique les mots Joannes Racine n'y fussent plus. Plusieurs lettres avaient été usées par le frottement des pieds. Mais ce n'était pas l'injure involontaire du temps et des pas des hommes qui avait fait disparaître le nom du puëte. On constata que le ci- eau avait été employé pour cette destruction, et que les traces qu'il avait laissées devaient être foft anciennes.
Ce fut seulement dix ans après cette découverte, le 2 1 avril 181 8, que la pierre tumulaire fut portée à Saint-Étienne du Mont, en même temps que celle de Pascal, tirée du musée des
1 . Voyez aux Pièces justificatives, n° XXXVII, l'acte de translation et d'inhumation des restes de Racine. — La place où Racine fut inhumé à Saint-Etienne du Mont est indiquée avec précision dans le testament de sa femme, qui dut, suivant son désir, y être mise près de lui. C'est « derrière le chœur, sous la tomhe de M. de Roisroger et de M. Thomas du Fossé, à côté gauche de la tombe de M. Pascal, en regardant l'autel de la Vierge. » M. l'abbé de la Roque [Lettres Inédites de Jean Racine, p. 1 85) a donné ce testament. Nous en avons nous-mème vu la minute à l'étude de M . Defresne, où elle est déposée.— L'abbé Irailh 'Querelles littéraires, tome II, p. 3i4 et ii" dit que « les corps de le Maître et de Racine sont dans l'église de Saint-Étienne du Mont, à la cave de saint Jean-Baptiste, 1
Petits-Augustins. On avait choisi pour cet acte de réparation le jour anniversaire de la mort de Racine. Un service funèbre fut célébré, auquel assistèrent les parents de Racine, une députalion de l'Académie française, et un grand nombre d'hommes de lettres. L'abbé Sicard officia. L'épitaphe fut placée derrière le chœur, dans la chapelle de la Vierge. Il avait fallu rapprocher les morceaux disjoints de la pierre et les fixer dans un encadrement de pierre dure, après les avoir réparés en rétablissant quelques lettres1.
A cette tombe, dont nous venons de faire la triste histoire, s'arrête tout ce que nous avions à raconter de Racine. Mais il laissait après lui des personnes aimées, dont il a été parlé dans celte biographie. Quelques mots sur chacune d'elles paraissent nécessaires.
La pieuse tante de Racine, la mère Agnès de Sainte-Thècle, le suivit de près dans la tombe. Elle mourut à Port-Royal le 19 mai 1700, dans sa soixante-quinzième année. Elle était encore abbesse. M. Tronchai composa pour elle aussi une épitaphe, qui se trouve dans le Nécrologe.
Les années de veuvage de Mme Racine furent longues. Elle vécut jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, étant née en 1662 et morte en 1732 (le i5 novembre)2. Elle avait eu le malheur de perdre dans quelques opérations du système de Law une partie de la succession de son mari, succession déjà fort médiocre, surtout étant à partager entre sept enfants3. Elle avait supporté ce désastre, dit Louis Racine, « avec sa tranquillité ordinaire. »
Sur Jean-Baptiste Racine laissons parler son frère Louis :
1. Nous avons tiré ces détails les uns du Moniteur (22 avril 1818) et du Journal des Débats (17 avril 181 8), les autres d'une pièce intitulée : Monument retrouvé, Epitapke de Jean Racine, Paris, de l'imprimerie d'E\erat (4 pages in -8°). Cette même pièce, imprimée d'abord à part, a été ensuite insérée dans le Magasin encyclopédique , année 18 10, tome VI, p. 219-221, et dans le Mercure de France de septembre 1810, p. 5o et 5i.
2. Voyez aux Pièces justificatives, n° XXXVIII, l'acte de décès de Mme Racine.
3. Lettre de Louis Racine a Jean-Baptiste Rousseau, 29 novembre I73l.
SUR JEAN RACINE. i65
« Tous les avis que mon père dans ses lettres donna à mon frère aine, pour se faire à la cour des amis et des protecteurs, furent inutiles à un homme que dominoit l'amour de la solitude, et qui, sitôt qu'il fut devenu son maître, a fui le monde, quoiqu'il y fût fort aimable quand il étoit obligé d'y paroître. M. de Torcy, continuant ses bontés pour lui, après la mort de mon père, l'envoya à Rome avec l'ambassadeur de France. Il y resta peu, et ayant obtenu la permission de vendre sa charge de gentilhomme ordinaire, il s'enferma dans son cabinet avec ses livres, et y a vécu jusqu'à soixante-neuf ans1, sans presque aucune liaison qu'avec un ami très-capable à la vérité de le dédommager du reste des hommes. On a bien pu dire de lui : Bene qui latuit, bene vi.rit. Sans aucune ambition, et même sans celle de devenir savant, son seul plaisir fut de parcourir toutes les sciences, s'attachant particulièrement aux belleslettres, et s'étant toujours contenté de lire, sans avoir jamais rien écrit ni en vers ni en prose, quoiqu'il fût très-capable d'écrire et par ses connoissances et par son style2. » Il avait en effet des connaissances variées , une instruction solide. On a conservé des livres latins et grecs, savamment annotés de sa main, à la manière de son père, parmi lesquels on cite les Lettres de Cicéron à Atticus, dont cet illustre père lui avait de bonne heure donné le goût ; les Histoires de Salluste, Homère, des Odes de Pindare. Quelques-uns de ces exemplaires, qu'il a enrichis de ses notes critiques et philologiques, rédigées tantôt en français, tantôt en latin ou en grec, avaient appartenu à son père, qui en avait commencé l'annotation. On trouve aussi des notes de Jean-Baptiste sur la grammaire hébraïque, et dans une copie d'une Anthologie grecque, qui est de son écriture, diverses dissertations historiques qu'il y a jointes %.
i. Il mourut le 3i janvier 1747. Voyez aux Pièces justificatives, n° XXXIX, l'acte de son décès.
2. Cette courte notice a été donnée par Louis Racine à la fin du Recueil de lettres de 1747, et au tome II de ses OEuvres (édition de 1750), p. 272 et 273 ; elle y précède la lettre que son frère lui écrivit au sujet du poëme de la Religion.
3. Ces indications nous sont fournies par un Catalogue de livres imprimés et manuscrits de la bibliothèque de M. G. L. D. (Paris. Merlin, i834j, p. 208 et 209. Nous lisons dans ce même catalogue.
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Il n'y a donc pas à douter qu'il ne fût érndit. Mais quel eût pu être au vrai son talent d'écrivain ? Les lettres en si petit nombre qui restent de lui n'en sauraient faire juger assez. Toutefois elles ne sont pas écrites sans fermeté; elles donneraient surtout l'idée d'un esprit sévère , et un peu rude dans son énergie. Avant d'avoir eu l'occasion de connaître le fils aîné de Racine, Jean-Baptiste Rousseau s'était attendu à trouver chez lui un tour d'esprit et quelques inclinations poétiques ; mais il avait été détrompé. « Je l'ai connu à Paris, écrivait-il en 1 7 1 8 ; c'est un garçon sage et qui a du mérite, mais en tout autre genre qu'en celui de la poésie1. » On saurait peut-être mieux à quoi s'en tenir sur la manière d'écrire de Jean-Baptiste Racine, si les papiers qu'il a laissés avaient pu être publiés; mais il paraît que sa famille, qui les possède, est liée parles volontés qu'il avait exprimées. Ses écrits, croyons-nous, se rapportent principalement aux affaires du jansénisme, dont il s'occupait beaucoup. Ce que l'on doit regretter par-dessus tout, c'est qu'il n'ait pas donné suite à son projet d'écrire la vie de son père. « Quand on me donnera , écrivait-il à Louis Racine , un privilège pour les Œuvres de mon père,... je m'y emploierai de toutes mes forces, pour donner au public une édition digne de lui, dont sa
Vie feroit une partie Pour ce qui regarde la Vie, je serois
plus en état qu'un autre de la donner, et elle est même bien
ébauchée; mais je veux y dire la vérité5 » Comme l'âge qu'il
avait à la mort de Racine lui avait permis de bien connaître ce père, dont Louis Racine n'avait pu garder qu'un vague souvenir de première enfance, nous aurions eu un témoignage plus direct et de première main. En bien des points moins de
à la page 209 : « Les notes de J. B. Racine, qui décèlent une vaste érudition et un goût éclairé, doivent faire regretter que l'auteur n'ait rien publié ; mais on a su par Mlle des Radrets [son arrière-petitenièce), dans la succession de laquelle se sont trouvés ces livres, que, peu jaloux de la gloire littéraire, son oncle était dans l'usage de brûler le samedi ce qu'il avait composé dans la semaine. »
1. Lettre dcJ. 11. Rousseau à flrossette, 24 décembre 1718. Voyez les Lettres de Rousseau sur différents sujets, M.DCC.XLIX, tome I, ae partie, p. 269.
2. Lettre de Jean-Baptiste Racine à son frère, 6 novembre [1742].
doutes seraient permis ; mais d'ailleurs il y aurait eu certainement beaucoup de réticences et de lacunes semblables à celles des Mémoires de son frère. Le travail eût été fait dans le même esprit; et peut-être, plus rigide encore, et moins poëte que Louis Racine, eût-il moins bien et moins librement parlé de tout ce qui touchait à la vie littéraire du grand poète. Il semble qu'il eût plus volontiers insisté sur d'autres souvenirs : <t Je n'aurois envie, disait-il, de parler de mon père que pour instruire le public de la piété dans laquelle il est mort et nous a tous élevés1. » Les matériaux qu'il avait rassemblés n'ont pas été entièrement perdus. Il est certain qu'ils sont entrés, nous ne savons au juste dans quelle proportion, dans l'ouvrage de Louis Racine, qui s'est beaucoup aidé des souvenirs et des notes de son aîné. Quelques-unes de ces notes étaient encore sous les yeux de Germain Garnier, lorsqu'il prépara l'édition de 1807. Nous n'avons pu en retrouver les originaux. Louis Racine ne donna ses Mémoires qu'après la mort de Jean- Baptiste; mais probablement il les avait écrits avant, puisqu'ils étaient prêts à être publiés l'année même de cette mort. Il est donc à croire que son frère lui avait abandonné le soin et l'honneur d'un travail auquel il avait renoncé lui-même.
Lorsque Jean-Baptiste Racine n'avait encore que vingt ans, son père avait déjà songé à le marier : un parti avait été proposé. Le projet fut rompu sans regret par les parents. Jean- Baptiste était encore bien jeune, et on lui avait souvent entendu dire dans sa famille qu'il voulait travailler à sa fortune, avant de songer à se marier. Il ne travailla guère à sa fortune, et ne se maria pas.
La vie de Louis Racine est beaucoup plus connue; elle demande une biographie à part, dont ce n'est pas ici la place. On ne peut attendre de nous que quelques lignes.
Son père annonçait en 1G982 l'intention de le confier l'année suivante à Rollin, qui avait pris avec lui quelques enfants, entre autres les jeunes de Noailles. Dans sa dernière maladie, il parla de ce désir à l'excellent maître, qui se chargea en effet de diriger les études de Louis Racine. Au sortir du collège,
1. Lettre de Jean-Baptiste Racine à son frère, 6 novembre [x™42]a. Lettre à Jean-Baptiste Racine, 24 juillet 1698.
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celui-ci d'abord se fit avocat; puis il prit l'habit ecclésiastique, et se retira chez les Pères de l'Oratoire. S'apercevant de son peu de vocation, il rentra bientôt après dans le monde. Des protecteurs, qui le protégeaient assez mal, l'engagèrent dans des emplois de finance, contraires à ses goûts, qui l'avaient toujours porté vers l'érudition et vers les lettres. Digne fils de Racine, il fut poète, non pas très-grand poète sans doute, non pas, il s'en faut bien, véritable héritier du génie de son père; mais dans ses chants pieux, consacrés à la religion, un écho, bien que très-affaibli, des derniers accents paternels se fait entendre avec quelque charme. S'il osa suivre de loin les pas d'un grand génie, dont l'exemple était pour un iils à la fois si séduisant et si redoutable, ce fut avec une modeste défiance de ses forces, qu'il exprima plus d'une fois1. Sa vie fut toute pure et toute chrétienne. Son éducation avait
i. o II s'était fait peindre par Aved, dit M. l'abbé de la Roque (Lettres inédites de Jean Racine , p ao6), les yeux arrêtés sur ce vers de Phèdre :
Et moi fils inconnu d'un si glorieux père. »
Il faut tout dire cependant. On est en droit de s'étonner que, clans une lettre du 26 mai 1744 [Correspondance littéraire inédite de L. Racine avec Chevaye de Nantes, 1 vol. in-8°, p. 22), il rapporte sans protester plusieurs inscriptions qui avaient été proposées pour être mises au bas d'une estampe faite d'après ce même portrait , et dont l'une, le plaçant au-dessus de l'auteur à' À ndromaque , disait :
Me est Racinius quo sese vindice jactat Relligio, cecinit qui dulci carminé qua vi Corda, volente Deo, morlales e.ffcra ponant. Sur "ère si possit superas redivivus ad auras Qui mire expressif furiasque et Orestis amores, Materia vie tus, vinci gauderet et arte.
L. Racine, sans écarter aucune de ces inscriptions, s'en remit au choix de Titon du Tillet, qui donna la préférence au distique de Coffin, dont le second vers disait encore beaucoup trop :
En quem Relligio sil/i vindicat unica vatem, Cujus scripta velit vel pater esse sua.
Avouons donc qu'un poëte, même janséniste, a bien de la peine à se défendre toujours des illusions de l'amonr-propre.
laissé dans son âme des traces ineffaçables. La marque de Port- Royal, transmise par son père, lui resta toujours, comme à son frère Jean-Baptiste. Il eut à en souffrir : l'Académie française lui fut fermée. Mais il put, grâce à ses fortes études, entrer dans l'Académie des inscriptions, où l'on s'inquiéta moins de son jansénisme. En 1728 (le ier mai) il avait épousé Marie Presle de l'Écluse, fille d'un conseiller du Roi à la cour des monnaies de Lyon. De ce mariage naquirent un fils, Jean Racine, et deux filles. Un cruel malheur enleva à Louis Racine en 1755 son fils, âgé de vingt-tin ans. Ce jeune homme, qui annonçait, dit-on, les plus heureuses dispositions poétiques, et en qui l'on se flattait déjà devoir revivre une étincelle du génie de son aïeul, se trouvait sur la chaussée de Cadix au moment du tremblement de terre de Lisbonne ; les flots déchaînés l'entraînèrent et l'engloutirent. Le pauvre père, depuis cette catastrophe, passa le reste de ses jours dans le deuil et l'affliction. Il arriva au terme d'une vie devenue si triste, le 29 janvier 176'î. Il laissait deux filles : Anne Racine, mariée à Louis-Grégoire Mirleau de Neuville de Saint-Héry des Radrets, et Marie-Anne Racine, mariée à Jacques-Bernard d'flariague.
La fille aînée de Racine, Marie-Catherine, mariée, nous l'avons dit, du vivant de son père, à M. de Morambert, mourut le 6 décembre 1751.
On ne connaît pas la date de la mort d'Anne Racine, la religieuse de Melun. « Elle précéda dans la tombe, dit l'abbé de la Roque, tous les autres enfants de Racine l. »
Nous avons vu qu'Elisabeth Racine avait été retenue dans le monde par son père, qui voulait donner à sa vocation religieuse le temps d'être plus éprouvée. En 1700 elle fit profession au couvent des dames de Variville, et y vécut jusqu'en 1745 ou 1746.
Jeanne-Nicole -Françoise resta auprès de sa mère, sans se marier. Il est remarquable que, dans son testament, Mme Racine non-seulement lui fait des avantages, mais la recommande particulièrement aux soins de son frère aîné et même de sa sœur Madeleine, plus jeune qu'elle, pour qu'ils lui servent de père et de mère, « et que son bien ne soit pas dissipé. » Il y