‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 100 sur 306 · I. Voyez notre tome 1, p · texte numérisé non relu

I. Voyez notre tome 1, p

Hue adsis tantum, et propiusres adspice nostras,

Leniaque afflictis liimina mitte locis.

Hanc tutare domum, quœ per discrimina mille,

Mille per insidias vix siiperesse potest. 10

Aspice ut infandis jacet objeclatapericlis,

Ut timet hostiles irrequieta manus.

Nulla dies terrore caret, fînemque timoris

Innovât infenso major ab hoste metus.

Undique crudelem conspiravere ruinam, i5

Et miseranda parant vertere tecta solo '. Tu spes sola, Deus, miserse. Tibi vota precesque

Fundit in immensis nocte dieqiie malis.

Quem dabis œterno finem, Rex magne, labori ?

Quis dabitur bellis invidiseque modus? ao

Nullane post longes requies speranda tumultus ?

Gaudia sedato nulla dolore manent?

Sicne adeo pietas \itiis vexatur inultis?

Débita virtuti prsemia crimen habet.

Aspice virgineum castis penetralibus agmen, 20

Aspice dévotes, sponse bénigne, choros.

Hic sacra illaesi servantes jura pudoris,

roux, accueille nos humbles prières; assiste-nous; vois de plus près nos douleurs; et laisse tomber un regard de miséricorde sur ces lieux désolés. Protège cette naison, qui, parmi tant de périls, parmi tant d'embûches, peut à peiue subsister. Regarde à quels affreux dangers elle est en butte, à quelles craintes sans repos la condamnent ses ennemis conjurés. Pour elle pas un jour n est exempt de terreur; une hostilité croissante renouvelle ses alarmes. De toutes parts les cruels ont conspiré sa ruine, et ils s'apprêtent à détruire de fond en comble cette malheureuse demeure. Tu es, ô mon Dieu, la seule espérance d'une maison infortunée. C'est à toi que nuit et jour, au milieu de calamités sans mesur-e, elle adresse ses vœux et ses prières. Quelle fin, maître tout-puissant, donneras-tu à d'implaca'ules souffrances ? Quand mettras-tu un terme à la guerre et à la haine? Après de longs troubles ne faut-il espérer aucun repos? Aucune joie qui puisse calmer nos douleurs ne nous est-elle réservée ? Est-ce donc ainsi que la piété est persécutée par le vice impuni? Le crime jouit des récompenses que méritait la vertu. Tourne les yeux, époux plein de bonté, vers la troupe virginale qui habite le cliaste cloître, vers ces chœurs dévoués à ton service. Ici, fidèles à la loi sainte d'une inviolable chasteté, ces vierges t'in-

I. Il prévoit dans sa jeunesse ce qui est arrivé cinquante ans après. (iVo/e de Louis Racine dans lu cofiie manuscrite.)

J. R.^CLNE. IV ii\

Te veniente die, te fugiente vocant' ; Hic nemora, hic nuUis quondam loca cognita mûris.

Hic horrenda tuis laudibus antra replent*. 3o

Hue tua dilectas deduxit Gratia turmas,

Hinc ne unquam stygii moverit iraNoti, Cœlesteni liceat sponsum superare precando :

Fas sentire tui numina magna Patris.

Hue quoque nos quondam tôt tempestatibus actes 35

Abripuit flamrais Gratia saucta suis; Ast eadem insequitur mœstis foi tuna periclis ;

Ast ipso in portu saeva procella furit. Pacem, summe Deus, pacem te poscimus omnes :

Succédant longis paxque quiesque' malis. 4^

Te duce disruptas perîransiit Israël undas "

Hos habitet portus, te duce, vera salus,

voqaent à l'heure où le jour se lève, t'invoquent encore à l'heure où il s'enfuit ; ici elles font retentir de tes louanges les bois, le désert qu'autrefois nul édifice n'avai: fait connaître, et les antres pleins d"horreur. C'est dans ces lieux que ta Grâce a amené la troupe de tes bien-aimées; que la fureur des tempêtes de l'enfer ne puisse les en arracher. Permets à leurs prières de fléchir le céleste époux : il est juste qu'elles sentent le puissant secours de ton divin Père. Nous aussi, après tant d'orages dont nous avons été ie jouet, les flammes saintes de la Grâce nous ont emportés jusque dans cet asile; mais la mauvaise fortune continue à nous y assaillir des mêmes cruels dangers; mais l'impitoyable tempête sévit jusque dans le port. La paix, grand Dieu, nous te demandons tous la paix. Qu'a de longues épreuves succèdent la paix et le repos. Sous ta conduite , Israël s'est frajé un chemin à travers les ondes qui se sont écai-tées ; sous ta conduite, que le vrai salut habite ce port.

1 . Après ce vers, Geoffroy, intervertissant l'ordre, passe au vers

Cϔestem liceat sponsum superare precando.

Il rejette à la fin de la pièce les quatre vers qui précèdent ce dernier dans la copie manuscrite, à laquelle nous nous sommes conformé.

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