CONTRE CHAPELAIN
Geoffroy et M. Aimé-Martin ont placé cette épigramme parmi celles de Racine. Nous ne lui donnons rang que parmi les Pièces attribuées , non qu'il y ait, comme pour les suivantes, aucune obscurité sur la question d'authenticité. Tout est parfaitement clair dans les Mémoires de Louis Racine*, d'où les éditeurs que nous venons de nommer ont tiré ces vers. Mais Racine n'y a pas seul travaillé ; et c'est pour le comjHe d'un autre qu'il s'est amusé avec ses amis à la rimer. Le trait de l'épigramme est de Pierre Boileau, sieur de Puy- Morin, frère de Despréaux: Racine et Boileau Despréaux n'ont fait que l'aider à mettre en vers sa piquante repartie ; et Molière a été consulté. En l'attribuant, contrairement à la vérité, à Racine seul, et en donnant à supposer qu'il y parle en son nom, on la rend d'abord difficile à comprendre : comment Chapelain eùt-il pu accuser Racine de 8 ne savoir pas lire? j On laisse croire en outre à un trait d'ingratitude de notre poète envers Chapelain, son protecteur, d'autant plus que, d'après les circonstances rapportées par Louis Racine, il est évident que l'épigramme a été faite avant la brouillerie de Racine