L'AUTEUR AUX BEAUX ESPRITS
Ce madrigal a été imprimé dans les OEuvres diverses d'un auteur de sept ans (i vol, in-4'> sans nom d'imprimeur et sans date). On sait que sous ce titre on avait recueilli quelques lettres et quelques petits écrits du duc du Maine pour en faire hommage à Mme de Montespan. Ce recueil parut le i" janvier 1679. Le madrigal se trouve au cinquième feuillet. Il est attribué à Racine par Cizerou- Rival {Récréations littéraires, p. 184) , par l'éditeur de Mon petit Portefeuille (2 vol. in-i2 , Londres, 1774), tome I, p. 5, et par de la Place, au tome IV de ses Pièces intéressantes et peu connues (8 vol. in-12, Bruxelles, 1783). Il a pris place dans l'édition des OEuvres de Racine donnée par Geoffroy, et depuis dans celles qui l'ont suivie. Son authenticité est probable; carie témoignage de Cizeron-Rival , qui avait eu entre les mains les notes manuscrites de Brossette, a quelque poids. Il n'est pas douteux d'ailleurs que Racine ait prêté son concours à Mme de Maintenon , lorsqu'elle prépara la publication de ce petit livre. Il y a dans les OEuvres diverses d'un auteur de sept ans quatre madrigaux. Celui-ci est le premier; le troisième et le quatrième sont trop faibles pour qu'on ait jamais songé à les attribuer à Racuie ; mais le second , fort agréablement tourné , ne serait pas indigne de lui. C'est celui qui commence par ce vers :
Quel est cet Apollon nouveau...?
On lit dans le Catalogue des livres.... du cabinet de M*** (d'Ourches de Nancy), par M. J. Ch. Brunet fils, p. 192 : « Le premier {madrigal) est réimprimé sous le nom de Racine dans l'édition des OEuvres
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de ce poëte publiée par M. Geoffroy. Cependant ce u'est pas ce premier madrigal que l'on attribue à Racine dans notre exemplaire...; mais au contraire, c'est le second, au bout duquel le nom de ce grand homme se trouve signé d'une écriture du temps. Racine est-il l'auteur de ces deux madrigaux? ou, s'il n'a fait que l'un d'eux, lequel est véritablement de lui? C'est ce que nous ne chercherons pas à décider. » Sur la foi de cette note, qui n'a rien d'affirmatif , quelques personnes se sont hâtées de regarder comme démontré que le second madrigal est de Racine. Nous ne croyons pas cependant devoir le donner même parmi les Pièces attribuées, parce qu'il fait depuis longtemps partie des OEuvres de Boileau, auquel de bonnes autorités nous forcent de le laisser. Voyez dans l'édition de M. Berriat-Saint-Prix la note 5 de la page 44o du tome II. M. Aimé-Martin, dans une note (tome IV, p. gS), nous apprend que Charles Nodier était de ceux qui attribuent à Racine le second madrigal : ff Voici, dit-il, sa raison : c'est que sur un exemplaire des OEuvrcs d'un auteur de sept aus dont il est possesseur, la signature de Racine se trouve précisément placée au-dessous de cette pièce. L'argument est fort , et nous serions très-disposé à adopter cet avis de M. Nodier, si nous-même ne possédions ce joli madrigal écrit tout entier de la main de Boileau et signé de lui. s L'exemplaire de M Charles Nodier était sans doute celui du Catalogue de M.. d'Ourches ; et dans ce catalogue il u'est pas dit que le nom de Racine soit écrit de sa main, mais d'une écriture du temps.
Ne pensez pas, Messieurs les beaux esprits. Que je veuille par mes écrits Prendre ma place un jour au temple de Mémoire*.