CONTRE BOYER
Le Menaglana, dans son tome II (1694), p. 3o3 et 3o4, rapporte à propos de Boyer cette épigramme, dont il parle en ces termes :
1. Boyer et le Clerc étaient en effet tous deux nés à Albi. Le premier avait alors soixante-treize ans, l'autre soixante-neuf. — Nous avons dit que l'abbé
Lavau avait donné lecture d'un ouvrage de Boyer. a M. le Clerc lut une
ode, qui étoit la paraphrase d'un psaume sur cette même conquête [de Mons).» [Mercure de mai 1691, p. 127.)
2. Ils y auraient trouvé Malherbe et Régnier, qui n'étaient pas trop barbares, et le successeur d'Henri III ne leur eût pas donné lui-même de mauvaises leçons de style. M;iis l'auteur de l'épigramme veut sans doute les renvoyer à la poésie de Dubartas, et au langage moitié gascon, moitié français, de la cour du Béarnais.
3. Ce joli couplet ne serait pas indigne de Racine. — « M. de Benserade finit la séance par une pièce toute en quadniins [sic), dont chaque dernier vers, qui étoit seulement de quatre syllabes, faisoit une chute très-agréable. » [Mercure de mai 1691, p. 127.)
a M. R.... fit contre lui [contre Boyer) l'éplgramme que j'en vais vous dire sur ce qu'à la sortie d'une de ses pièces , où il n'y avoit pas eu grand monde, il en avoit rejeté la faute sur la pluie. » Il semble bien que M. R.... ne peut signifier ici que « M. Racine. » Au tome IV, p. 166, du Mena glana de 171 5, et au tome I, p. 240, du Nouveau Recueil des épigrammatistes français (Amsterdam, 1720% pat M. B. L. M. (Bruzen de la Martinière) , on attribue la même épigramme à Furetière. C'est peut-être seulement parce qu'elle est citée dans le Second Factum publié par Furetière en i685 (voyez page 7 de l'édition originale in-4°). Mais Furetière la donne sans nommer l'auteur : « Les deux excuses, dit-il, qu'il [Bojer) allégua un jour à un de ses amis , qui lui demandoit des nouvelles d'une de ses comédies qui ne fut jouée qu'un vendredi et un dimanche, furent le sujet de cette épigramme. a Il faut remarquer qu'à la page suivante Furetière cite une autre épigramme qui n'est pas de lui, celle Sur /'Ipliigénie de le Clerc. Le témoignage fort ancien du 3Ienagiana de 1694 reste donc de quelque poids; et cependant les deux premiers vers de l'épigramme, tournés, ce nous semble, d'ime façon assez barbare, et très-étranges par leur enjambement , s'il n'y a pas là quelque parodie qui nous échappe, rendent invraisemblable l'attribution à Racine. Les éditeurs des OPAivres de Racine ont laissé de côté cette épigramme.
Quand les pièces représentées De Boyer sont peu fréquentées, Chagrin qu'il est d'y voir peu d'assistants, V oici comme il tourne la chose :
Vendredi la pluie en est cause, 5
Et le dimanche le beau temps.