A LA LOUANGE DE LA CHARITE
Dans le Recueil des pièces curieuses et nouvelles (la Haye, 1694» tome II, p. 640), à la suite du Cantique à la louange de la charité par M, Racine, on trouve ces vers, sous le titre de Stance sur le même sujet , par le même. M. Aimé-Martin les a pour la première fois insérés parmi les OEuvres de Racine, sans alléguer d'autre autorité. Comme nons ne connaissons non plus que celle-là, et qu'un recueil, contemporain il est vrai, mais imprimé à l'étranger, ne peut pas à lui seul faire entièrement foi, nous ne nous prononçons pas sur l'authenticité de cette stance. Dans le même recueil, elle est suivie d'une Autre sur les effets de la charité. Quoique mêlée à des pièces qui sont de Racine, celle-ci n'étant pas indiquée comme étant de lui, et finissant par ce vers :
Porte tous ses désirs dedans l'éternité,
où l'emploi qui est fait de dedans n'est pas de la langue de notre poète, il n'y avait pas lieu de lui donner place même parmi les Pièces attribuées. Celle que nous donnons ici est tirée des trois premiers versets du chapitre xiii de YEpitre 1 de saint Paul aux Corinthiens,
AUX POESIES DIVERSES. iSi
versets que Racine a imités ailleurs : voyez ci-dessus, p. 148 et 149, les stances 2 , 3 et 4 du premier de ses Cantiques spirituels .
Quand tu saurois parler le langage des anges ;
Quand ta voix prédiroit tous les succès futurs,
Et que perçant du ciel les voiles plus obscurs,
Tu verrois du Seigneur les mystères étranges ;
Quand ta foi te rendroit le maître des démons, 5
Qu'elle auroit le pouvoir de transporter les monts.
Et que de tous tes biens tu ferois des largesses;
Quand aux tourments du feu tu livrerois ton corps :
Tu possèdes en vain tant de saintes richesses.
Si la charité manque à tes rares trésors. 10