I. OEfirrrs de Racine, lume V, p
commencent les grands hommes. Avec les vers foibles qui sont dans ces odes, elles ne disent rien que de général à toute campagne, et n'ont rien de particulier à Port-Royal. D'ailleurs on y trouve beaucoup de pointes, que l'auteur aimoit dans sa jeunesse et qu'il a depuis évitées avec tant de soin. On trouve cependant, dans ces odes, de l'imagination et du feu. C'est un jeune homme qui se plaît à décrire la solitude dans laquelle il vit, et le fait avec de perpétuelles exclamations, en style de Malherbe et de Racan, dont il pouvoit être alors rempli. » Dans ses Mémoires ', Louis Racine avait fait connaître quatre strophes de la quatrième de ces odes. D'un autre côté, le Journal général de France, publié par l'abbé Fontenai de 1776 à i~92, donna, dans son numéro du 14 octobre 1788, d'autres fragments des mêmes odes, extraits d'un manuscrit communiqué par Mercier *. Ce manuscrit était évidemment différent de celui que MM. de Naurois ont recueilli dans l'héritage de Louis Racine. Non-seulement la version imprimée dans !e Journal général de France offre quelques légères variantes, que nous indiquerons, mais elle donne un vers qui est resté en blanc dans le manuscrit de Louis Racine. Mercier affirmait que le manuscrit, dont il avait tiré quelquesuns des vers sur Port-Royal parmi plusieurs pièces de vers latins et français, était une copie de petites compositions de la jeunesse de Racine. Il ne mettait donc pas en doute Tattribution à ce poëte des Odes sur Port-Royal; et en cela il était parfaitement d'accord avec Louis Racine. Cependant, au tome VII, p. iio et m des OEuvres de Racine^ avec le commentaire de la Heirpe (1807), les éditeurs, dans une note sur la lettre de Racine du 17 janvier 1662, ont prétendu que « ces pitoyal^les odes » ont été sans doute attribuées faussement à Racine. Ils donnent de celte opinion les raisons suivantes. Les vers que Racine jetait, sans travail et sans prétention, au milieu de ses lettres familières, contrastent, par leur grâce et leur légèreté, avec la mauvaise poésie de ces odes. Racine avait supprimé, autant