‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 14 sur 306 · Voyez notre tome I, p. 212 et 2i · texte numérisé non relu

Voyez notre tome I, p. 212 et 2i

2. Il s'agit de Barthélémy Mercier, abbé de Saint-Léger de Soissons, ainsi qu'on peut le voir dans le Bulletin du Bibliophile belge (1852), tome IX de la f^ série, p. :\62. C'était un savant bibliographe ; comme il sera notre seule autorité pour l'attribution à Racine de quelques petites pièces, il n'est pas inutile de dire ici que ce qu'il attestait ne doit pas être accueilli avec trop de défiance.

PROMENADE DE PORT-ROYAL. ii

qu'il avait pu, les faibles productions de sa première jeunesse. L'auteur des Mémoires était mal informé des faits relatifs à la vie et aux ouvrages de son père ; il lui a attribué sans examen les Odes sur Port~ Royal, seulement pour en avoir trouvé dans ses papiers une copie d'une main étrangère. Les notes de J. B. Racine, que les éditeurs de 1807 ayaient sous les yeux, ne disent pas un mot de ces odes.

Dans ces objections, rien ne nous paraît solide. Louis Racine n'attribuait pas à son père, aussi légèrement qu'on le dit, des écrits dont l'autlienticité ne lui fût pas démontrée, et Jean-Baptiste Racine a pu, sans qu'il y ait rien à en conclure, se taire sur des productions de la jeunesse de notre poète. Le double fait que les Odes' sur Port-Royal ont été trouvées dans les papiers de Racine par un de ses fils, et que Mercier en a eu une autre copie, qui passait également pour être celle de petits opuscules composés par Racine dans ses jeunes années, ne nous semble pas permettre facilement le doute. Lorsque les éditeurs de 1807 disent que les vers dont les premières lettres de Racine sont remplies « annonçaient déjà un poète supérieur, » et que les Odes sur Port-Roral sont au contraire pitoyables, ils nous paraissent porter à la fois deux jugements fort singuliers, outre qu'ils auraient dû remarquer que, dans des lettres écrites en ifi6i et 1662, il ne serait pas étonnant de trouver un goût plus formé que dans une production poétique antérieure à i658, M. Sainte- Beuve n'a pas parlé avec tant de dédain de la Promenade de Port- Roy al-dcs-Champs. Dans ces \eTS faibles d'un poète enfant, il trouve qu'en quelques endroits « il y a pourtant déjà de l'accent des cbœurs d'Estfier, » et que « l'on reconnaît, à cette description abondante et complaisante du paysage, des bois, de l'étang, des prairies, quel vif et vrai sentiment, quel amour de la natiu-e nourrissait celte jeune âme*. y> Personne toutefois ne songe à nier les fautes qui déparent ces essais. Plusieurs passages sont vraiment obscurs , et d'un sens si difficile à saisir, par exemple les derniers vers de la seconde stance de l'ode V, qu'on serait porté à croire à quelque inexactitude du copiste.

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