Voyez ci-après, p
2. Un arrêt du conseil du ig novembre 1666, rendu sur une ordonnance du prévôt de Paris, avait fixé la hauteur et la saillie des auYents qu'on était alors dans Tusage de construire au devant des boutiques dans les rues de Paris. Ce fut dans ce même temps que parut l'ordonnance de l'archevêque de Paris qui supprimait un certain nombre de fêtes. L'auteur d'une lettre sur l'ordonnance de l'Archevcque avait cru trouver une plaisanterie ingénieuse, en faisant le rapprochement de ces deux circonstances. Cette lettre était en vers, et elle fut attribuée à Barbier d'Aurour. ( .\olc des éditeurs de 1807.)
Enfin il est aisé de connoître, pai' le soin qu'ils ont pris cVimmortaliser ces réponses, qu'ils y avoient plus de part qu'ils ne disoient. A la vérité, ce n'est pas leur coutume de laisser rien imprimer pour eux qu'ils n'y mettent quelque chose du leur. On les a vus plus d'une fois porter aux àoc\.çuYs\e?, Âppi'obations toutes dressées. La louange de leurs livres leur est une chose trop précieuse. Ils ne s'en fient pas à la louange de la Sorbonne. hçsÂvis de l imprimeur sont d ordinaire des éloges qu'ils se donnent à eux-mêmes ; et Ion scelleroit à la chancellerie des Privilèges fort éloquents, si leurs livres s'imprimoient avec Privilège.
LETTRE A L'AUTEUR
DES HÉRÉSIES IMAGINAIRES ET DES DEUX VISION NAlTxES.
Monsieur,
Je vous déclare que je ne prends point de parti entre M. des Marets et vous. Je laisse à juger au monde quel est le visionnaire de vous deux. J'ai lu jusqu'ici vos lettres avec assez, d'indifférence , quelquefois avec plaisir, quelquefois avec dégoût, selon qu'elles me sembloient bien ou mal écrites. Je remarquois que vous prétendiez prendre la place de l'auteur des Petites Lettres^ \ mais je remarquois en même temps que vous étiez beaucoup au-dessous de lui , et qu'il y avoit une grande différence entre une Provinciale et une hnaginaire.
Je m'étonnois même de voir le Port-Roval aux mains
I. C'est le nom que l'on donnait au\ Pror'i/iciales rie Pascal, II est difficile de croire que Nicole n'ait pas eu jusqu'à un certain point la prétention dont Racine le raille en ce passage. Aussi le trait le piqua-t-il au vif ; il essaya de le repousser dans V avertissement des Imaginaires de l'édition de i()67 (tome I, p. i/j) : a II y en avoit, dit-il , qui les égaloient aux Provinciales ; et ils avolent grand tort, y ayant un tour et un génie dans les Provinciales auquel personne n'arrivera peut-être jamais. D'autres croyoient faire un reproche bien sensible à l'auteur de ces lettres, que de lui dire qu'il se donnât bien de garde de croire que ces Imaginaires fussent égales aux Provinciales; et ils avoient tort aussi , parce que d'une part cet avis étoit fort inutile à son égard , n'en ayant jamais eu la moindre pensée , et que de l'autre on peut écrire utilement pour l'Eglise sans arriver à la perfection des Provinciales. »
avec M. Chamillard* et des Marets. Où est cette fierté, disois-je, qui n'en vouloit qu'au pape, aux archevêques, et aux jésuites? Et j'admirois en secret la conduite de ces Pères, qui vous ont fait prendre le change, et qui ne sont plus maintenant que les spectateurs de vos querelles. Ne croyez pas pour cela que je vous })làme de les laisser en repos. A.u contraire, si j'ai à vous blâmer de quelque chose, c'est d'étendre vos inimitiés trop loin, et d'intéresser dans le démêlé que vous avez avec des Marets cent autres personnes dont vous n'avez aucun sujet de vous plaindre.
Et qu'est-ce que les romans et les comédies peuvent avoir de commun avec le jansénisme? Pourquoi voulezvous que ces ouvrages d'esprit^ soient une occupation peu honorable devant les hommes . et horrible devant Dieu? Faut-il, parce que des Marets a fait autrefois un roman et des comédies , que vous preniez en aversion tous ceux qui se sont mêlés d'en faire? Vous avez assez d'ennemis: pourquoi en chercher de nouveaux ? Oh ! que le Provincial étoit bien plus sage que vous î Voyez comme il flatte l'Académie', dans le temps même'' quil persécute la
1. M. Chamillard, docteur de Sorhonne , vicaire de Saint-Nicolas du Cliardonnet , fut imposé aux religieuses de Port-Royal comme confesseur, par l'archevêque de Paris, Hardouin dePéréfîxe, eu 16^4. 11 publia l'année suivante une Réponse aux raisons que proposent les religieuses de P. R. contre la signature du Formulaire (Paris, ifi65, in-4"}. C'est contre lui qu'ont été écrites Us Chamîllardes^ dont il va être parlé plus bas dans cette lettre, p. 280.
2. «Les ouvrages d'esprit, » dans les mémoires de Tréfoux (1714), et dans le Recueil àe la Monnoye (1714).
3. Au commencement de la Réponse du Provincial au.r deux premières lettres de ion ami, on cite en faveur de la première de ces deux lettres le suffrage d'un académicien : « Voici ce que m'en écrit un de Messieurs de l'Académie, des plus illustres entre ces hommes tons illustres. »