A LA RÉCEPTION DE M, L'ABBÉ COLBERT
Monsieur,
Il m'est sans doute très-honorable de me voir à la tête de cette célèbre Compagnie, et je dois beaucoup* au hasard de m'avoir mis dans une place où le mérite ne m'auroit jamais élevé. Mais cet honneur, si grand par lui-même, me devient, je Tavoue, encore plus considérable quand je songe que la première fonction que j'ai à faire dans la place où je suis, c'est de vous expliquer les sentiments que l'Académie a pour vous.
Vous croyez lui devoir des remerciements pour l'honneur que vous dites qu'elle vous a fait *, mais elle a aussi des grâces^ à vous rendre : elle vous est obligée, nonseulement de l'honneur que vous lui faites, mais encore' de celui que vous avez déjà fait à toute la république des lettres*.
Oui, Monsieur, nous savons combien elles vous sont redevables. Il y a longtemps que l'Académie a les yeux sur vous; aucune de vos démarches ne lui a été inconnue; vous portez un nom que trop de raisons ont rendu sacré pour les gens de lettres : tout ce qui regarde