‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 19 sur 306 · DES PRAIRIES · texte numérisé non relu

DES PRAIRIES

Mon Dieu, que ces plaines charmantes,

Ces grands prés si beaux et si verts ,

Nous présentent d'appas divers

Parmi leurs richesses brillantes!

Ce doux air, ces vives odeurs , 5

Le pompeux éclat de ces fleurs

Dont r herbe se colore Semble-t-il p^s dire à nos yeux^

Que le palais de Flore Se fait voir vraiment en ces lieux? i©

C'est là qu'on entend le murmure

De ces agréables ruisseaux

Qui joignent leurs flots et les eaux ^

Au vif émail de la verdure.

C'est là qu'en paisibles replis, i 5

Dans les beaux vases de leurs lits ,

I. C'est dans le Journal général de France qu'ont paru d'abord les quatre premiers vers de la seconde strophe, la troisième strophe et la quatrième strophe de cette ode.

■>.. Dans le Journal général, il y a ici leurs eaux, au. lieu de les eaux. J. Racike. IV 3

Ils arrosent les herbes , Et que leurs doux gazouillements

De leurs ondes superbes Bravent les bruits les plus charmants. i o

Je les vois, au* haut des montagnes,

Venir d'un cours précipité

Offrir leur tribut argenté

Dans le beau sein de ces campagnes ^;

Et là , d'un pas respectueux , 2 5

Traîner en cercles ' tortueux

Leurs sources vagabondes ', Et comme charmés des beautés

De ces plaines fécondes , S'y répandre de tous côtés. 3o

Là ces méandres agréables ,

Descendant et puis remontant,

Font, dans leur voyage inconstant,

Cent labyrinthes délectal)les.

Tantôt* leurs flots, en s'cntr'ouvrant, 3 5

Se fuyant et se retrouvant * ,

Font cent îles fleuries; Tantôt, quittant leur lit natal ,

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