DES PRAIRIES
Mon Dieu, que ces plaines charmantes,
Ces grands prés si beaux et si verts ,
Nous présentent d'appas divers
Parmi leurs richesses brillantes!
Ce doux air, ces vives odeurs , 5
Le pompeux éclat de ces fleurs
Dont r herbe se colore Semble-t-il p^s dire à nos yeux^
Que le palais de Flore Se fait voir vraiment en ces lieux? i©
C'est là qu'on entend le murmure
De ces agréables ruisseaux
Qui joignent leurs flots et les eaux ^
Au vif émail de la verdure.
C'est là qu'en paisibles replis, i 5
Dans les beaux vases de leurs lits ,
I. C'est dans le Journal général de France qu'ont paru d'abord les quatre premiers vers de la seconde strophe, la troisième strophe et la quatrième strophe de cette ode.
■>.. Dans le Journal général, il y a ici leurs eaux, au. lieu de les eaux. J. Racike. IV 3
Ils arrosent les herbes , Et que leurs doux gazouillements
De leurs ondes superbes Bravent les bruits les plus charmants. i o
Je les vois, au* haut des montagnes,
Venir d'un cours précipité
Offrir leur tribut argenté
Dans le beau sein de ces campagnes ^;
Et là , d'un pas respectueux , 2 5
Traîner en cercles ' tortueux
Leurs sources vagabondes ', Et comme charmés des beautés
De ces plaines fécondes , S'y répandre de tous côtés. 3o
Là ces méandres agréables ,
Descendant et puis remontant,
Font, dans leur voyage inconstant,
Cent labyrinthes délectal)les.
Tantôt* leurs flots, en s'cntr'ouvrant, 3 5
Se fuyant et se retrouvant * ,
Font cent îles fleuries; Tantôt, quittant leur lit natal ,