‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 206 sur 306 · Il V avait été transféré en i · texte numérisé non relu

Il V avait été transféré en i

4y4 ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE

dient dont il s'applaudit fort : il prétendit que le fait de Jansénius étoit un fait certain, d une nature particulière, et qui étoit tellement lié avec le droit, qu'ils ne pouvoient être séparés. « Le Pape, disoit ce prélat, déclare qu'il a condamné comme hérétique la doctrine de Jansénius: or les jansénistes soutiennent la doctrine de Jansénius : donc les jansénistes soutiennent une doctrine hérétique. » C'étoit un des plus ridicules sophismes qiu se put taire, puisque le Pape n'expliquant point ce qu'il enlendoit par la doctrine de Jansénms, la même question de fait subsistoit toujours qntre ses adversaires et ses défenseurs, dont les uns croyoient voir dans cette doctrine tout le venin des cinq Propositions, et les autres n'y croyoient voir que la doctrine de saint Augusvin, Il n'est pas croyable néanmoins combien de gens se laissèrent éblouir à ce faux argument. Le P. Annat le répétoit à chaque bout de champ dans ses livres; et ce ne fut qu'après un nombre infini de réfutations qu'il fut oblige de l'abandonner.

Cependant lui et Monsieur de Toulouse avant préparé tous les matériaux pour faire accepter leur formulaire dans l'assemblée générale, deux prélats envoyés par le Roi y vinrent exhorter les évêques, de la part de Sa Majesté, à chercher les moyens d'extirper l'hérésie du jansénisme. En même temps tous les prélats qui se trouvoient alors à Paris (en i656) eurent aussi ordre de se rendre dans la grande salle des Augustins. Alors Monsieur de Toulouse présenta à l'assemblée une ample relation, qu'il avoit composée à sa mode, de toute l'affaire de Jansénius, Cette relation étant lue, on fit aussi lecture de la Constitution et du bref, des déclarations du Roi, et de toutes les lettres des assemblées précédentes. M. de Marca fit un grand discours sur l'autorité de la présente assemblée, qu'il égaloit à un concile national. Tout cela, comme on peut

penser, fut fort long, et occupa presque toutes' les Jeux séances dans lesquelles cette grande affaire fut terminée, en telle sorte que ceux qui y étoient présents n'eureut autre chose à faire qu'à écouter et à signer. Il n'y eut, pour ainsi du'e, ni examen ni délibération : ceux qui n'étoient pas de l'avis du Formulaire furent entraînés par le grand nombre. On confirma les délibérations des assemblées précédentes; le Formulaire fut approuvé, et on résolut qu'il seroit envoyé à tous les évèques absents, avec ordre à eux d'exécuter les résolutions de l'assemblée, sous peine d'être exclus de toute assemblée du clergé, soit générale, soit particulière, et même des assemblées provinciales. Tout cela se fit le premier et le deuxième^ jour de septembre.

En même temps l'assemblée écrivit au nouveau pape, pour lui rendre compte de tout ce qu'elle avoit fait contre les jansénistes. Ce pape, qui s'appeloit auparavant Fabio Ghigi, avoit pris le nom d'Alexandre MP. Je ne puis m'empêcher de rapporter à son sujet une chose assez particulière, que le cardinal de Retz raconte dans l'histoire qu'il a composée du conclave où ce même pape fut élu. Il dit que le cardinal François Barberin, dont le parti étoit fort puissant dans le conclave, fut longtemps sans se pouvoir résoudre de donner sa voix à Chigi, craignant que son étroite liaison avec les jésuites ne l'engageât, quand il seroit pape, à donner quelque atteinte à la doctrine de saint Augustin, pour laquelle Barberin avoit toujours eu un fort gi'and respect. Ghigi, ajoute le cardmal de Retz, n^ignora pas ce scrupule. Quelques jours après,

1. Tel est le texte des érlitions de 1742 et de iyf'~- Dans la i)lupart des éditions plus modernes, on a remplacé occupa par tint, tt toutes par entièrement. Celle de 1807 a notre leçon.

2. 11 y a ainsi deuxième, en toutes lettres, dans nos deux éditions.

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