L'édilion de ly'iy donne ii'nU-ut, au lieu de n eussent
ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE DE PORT-ROYAL. 5oi
avoué qu'elles fussent d'aucun auteur, bien qu'ils n'eussent, comme j'ai dit\ envoyé leurs docteurs à Rome que pour exhorter Sa Sainteté à prendre bien gai'de, en prononçant sur ces propositions cliiméiiques, de ne point donner d'atteinte à la véritable doctrine de la grâce, le Pape néanmoins les ayant condamnées sans aucune explication comme extraites de Jansénius, il sembloit que les prétendus jansénistes eussent entièrement perdu leur cause; et la plupart du monde, qui ne savoit point le nœud de la question, croyoit que c'étoit en effet leur opinion que le Pape avoit condamnée. La distinction même du fait et du droit qu'ils alléguoient, paroissoit une adresse imaginée après coup pour ne se point soumettre. Il n'est donc pas surprenant que le Roi, à qui ses grands emplois ne laissoient pas le temps de lire leurs nombreuses justifications, crût, sur tant de circonstances si vi'aisemblables et si peu vraies, qu'ils étoient dans l'erreur. D'ailleurs, quelques grands principes qu'on eût à Port-Royal sur la fidélité et sur l'obéissance qu'on doit aux puissances légitimes, quelque persuadé qu'on y fût qu'un sujet ne peut jamais avoir de juste raison de s'élever contre son prince, le Roi étoit prévenu que les jansénistes n'étoient point bien intentionnés pour sa personne et pour son État; et ils avoient eux-mêmes, sans y penser, donné occasion à lui inspirer ces sentiments par le commerce, quoique innocent, qu'ils avoient eu, ainsi que nous avons dit ^, avec le cardinal de Retz, et par leur facilité plus chrétienne que judicieuse à recevoir beaucoup de personnes, ou dégoûtées de la cour, ou tombées dans la disgrâce, qui venoient chez eux chercher des consolations, quelquefois même se jeter dans la pénitence.