I. Dans l'éclltion de 1767 : a comme j'ai déjà dit
a. L'édition de 17^)7 a supprimé ce memhre de phrasi'.
5o2 ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE
Joignez à cela qu'encore que les principaux d'entre eux fussent fort réservés à parler et à se plaindre, ils avoient des amis zélés et indiscrets \ qui tenoient quelquefois'' des discours très-peu excusables. Ces discours, quoique avancés souvent par un seul particulier, étoient réputés des discours de tout le corps. Leurs adversaires prenoient grand soin qu'ils fussent rapportés ou au premier ministre ou au Roi même.
On sait que Sa Majesté a toujours un jésuite pour confesseur. Le P. Anuat, qui l'a été fort longtemps^, outre l'intérêt général de sa Compagnie, avoit encore un intérêt particulier qui l'animoit contre les gens dont nous parlons. Il se piquoit d'être grand théologien et grand écrivain ; il entassoit volume sur volume, et ne pouvoit digérer de voir ses livres, malgré tous les mouvements que sa Compagnie se donnoit pour les faire valoir, méprisés du public, et ceux de ses adversaires dans une estime générale. Tous ceux qui ont connu ce Père savent qu'étant assez raisonnable dans les autres choses, il ne connoissoit plus ni raison ni équité quand il étoit question des jansénistes. Tout ce qui s'approchoit du Roi, mais surtout les gens d'Eglise, n'osoient guère lui parler sur ce chapitre que dans les sentiments de son confesseur. Il ne*se tenoit point d'assemblée d'évêques où l'on ne fît des délibérations contre la prétendue nouvelle hérésie; et ils comparoient dans leurs harangues quelques déclarations qu'on avoit obtenues de Sa Majesté contre les jansénistes, à tout ce que les Constantins et les Théodoses ont fait * de plus considérable pour l'Eglise. Les papes mêmes, dans leurs
1 . Dans 1 édition de i -^7 : « des amis moins réservés et indiscrets. »
2. Il y avait d'abord dans le manuscrit : assez sotncnt. Ces mots ont été biffés, et quelquefois a été écrit dans l'interligne.