Dans l'édition de 1767 : « le saint viatique
3. Dans la même édition : « de fermeté. 5 — Deux lignes plus loin, elle omet ùien.
après sa mort , les Religieuses disoient que pour s'exciter à commuuier dignement, elles u'avoient qu'à se bien représenter la manière édifiante dont leur sainte Mère avoit communié devant elles. Bientôt après elle entra dans l'agonie, qui fut d'abord très-douloureuse; mais enfin toutes ses souffrances se terminèrent en une espèce de léthargie, pendant laquelle elle s'endormit du sommeil des justes, le soir du sixième d'août \ jour de la Transfiguration, âgée de soixante et dix ans moins deux jours : fille véritablement illustre, et digne, par son ardente charité envers Dieu et envers le prochain, par son extrême amour pour la pauvreté et pour la pénitence, et enfin par les grands talents de son esprit, d'être comparée aux plus saintes fondatrices.
Le bruit de sa mort s' étant répandu, et son corps avant été le lendemain, vers le soir, exposé à la grille, selon la^ coutume, l'église fut en un moment pleine d'une foule de peuple, qui venoit bien moins en intention de prier* pour elle que de se recommander à ses prières. Ils demandoient tous avec instance qu'on fît toucher à cette Mère, les uns leur chapelet et leurs médailles, les autres leurs Heures^ quelques-uns même leurs mouchoirs, qu'ils présentoient tout trempés de leurs larmes. On en fit d'abord quelque difficulté; mais ne pouvant résister à leur empressement, deux sœurs ne firent autre chose tout ce soir, et le lendemain depuis le point du jour jusqu'à son enterrement, que de recevoir et de rendre ce qu'on passoit; et on voyoit tout* ce peuple baiser avec transport les choses qu'on leur rendoit, l'appelant, les uns leur bonne mère, les autres la mère des pauvres. Il n'v eut pas jus-
2. Le manuscrit a, par un lapsus, « sa b , au lieu de a la ».