‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 260 sur 306 · Dans l'édition de 1767 : a de leur monastère · texte numérisé non relu

Dans l'édition de 1767 : a de leur monastère

protestations. Il n'y a point de termes qui puissent exprimer l'extrême douleur de celles qui demeuroient * : les unes se jetoient aux pieds de l'Archevêque, les autres se jetoient au cou de leurs Mères ^ . Elles s'attendrissoient surtout à la vue de la Mère Agnès de Saint- Paul, qu'on enlevoit ainsi à l'âge de soixante et treize ans *, accablée d'infirmités, et qui avoit eu tout nouvellement trois attaques d'apoplexie. Tout ce qu'il y avoit là de gens qui étoient venus avec TArchevêque ' ne pouvoient eux-mêmes retenir leurs larmes ^. Mais l'objet, à mon avis, le plus digne de compassion, c'étoit * l'Archevêque lui-même, qui, sans avoir aucun sujet de mécontentement contre ces filles ' , et seulement pour contenter la passion d'autrui, faisoit en cette occasion un personnage si peu honorable pour lui, et même* si opposé à sa bonté naturelle.

1. Il y avait d'abord : « qui puissent exprimer leur désolation. Les unes se jetoient aux pieds de Monsieur l'Archevêque, criant miséricorde et le suppliant de ne les point séparer de («u de ne leur point ôter) tout ce qu'elles avoient de plus cher au monde. Les autres se jetoient au cou de leurs Mères, et toutes ensemble protestoient contre la violence, citant Monsieur l'Archevêque au tribunal du souverain juge. »

2. Après les mots : « au cou de leurs Mères, » l'édition de 1767 ajoute : a: et toutes ensemble citoient Monsieur l'Archevêque au tribunal du souverain juge, puisque tous les autres tribunaux leur étoient fermés. » Le dernier membre de phrase manque entièrement dans le manuscrit; le reste, ainsi qu'on le voit dans la note précédente, s'y trouve, mais comme une première rédaction qui a été biffée.

3. Elle était dans sa soixante et onzième année, étant née à la fin de iSgS.

4. Il y avait d'abord : « qui avoient suivi M. l'Archevêque. >

5. Après les mots : a leurs larmes, » la première rédaction était : î et avoient également pitié et des filles qu'on faisoit sortir et de celles qui demeuroient. Mais ce qui leur sembloit le plus digne de compassion, etc. »

f>. Dans l'édition de 1767 : était ^ au Heu de c'était. 7. Il y avait d'abord : « contre ces pauvres filles. » S. Les mots: «si peu honorable pour lui. et même, » ont été

DE PORT-KOYAL. 553

Quelques-uus de ses ecclésiastiques le seutiient, et ne purent même s'en taire à des Religieuses qu'ils voyoient fondre en larmes auprès d'eux'. Pour lui, il étoit au milieu de cette troupe de Religieuses en larmes", comme un homme entièrement hors de lui ; il ne pouvoit se tenir en place, et se promenoit à grands pas, caressant hors de propos les unes, rudoyant les autres sans sujet, et de la plus grande douceur passant tout à coup * au plus violent emportement. Au miheu de tout ce trouble*, il arriva une chose qui fit bien voir'' lamour que ces filles avoient pour la régularité. Elles enteiidireni sonner None, et en un instant, comme si leur maison eût été dans le plus grand calme , elles disparurent toutes du chapitre", et allèrent à l'église, ou elles prirent chacune leur place, et chantèrent l office à leur ordinaire^.

Au sortir de Noue, elles furent fort surprises de voir euti'er dans leur monastère six Religieuses de la Visita-

ajoutés en interligne par Racine. A la ligue suivante, « le sentirent, et » est ajouté en marge.

1. Dans une première rédaction du manuscrit, Racine avait ajouté ici: « Consolez-vous, mes bonnes saurs, leur disoient-ils ; tout ceci finira. Monseigneur est bon. C^est bien malgré lui qud vous traite de la sorte, et il a le cœur plus déchiré que vous ne l'avez. Ayez soin seulement de ne lui rien dire qui le puisse fâcher, tt

2. Au lieu de : « celte troupe de Religieuses, b Racine avait écrit d'abord : « ces Religieuses; » en larmes a été ajouté en interligne ; de même que, trois lignes plus bas, hors de propos.^ et sans sujet ; et, fleux phrases plus loin, en un instant, et chacune.

3. Il y avait d'abord : a en un moment ; » puis Racine avait mis : t en un clin d'oeil. î L'édition de 1767 a : « tout d'un coup. ï

4. Première leçon du manuscrit : « Pendant qu'il étoit dans cette agitation, i

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