Que celte affairu. « [^Edition de
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l'Archevêque; et dès Taprès-dînée du jour dont nous parlons, il fit ôter le voile aux novices qui restoient dans la maison, et les fit mettre à la porte. Il destitua toutes les officières qui avoient été nommées par TAbbesse, et mit de son autorité dans les charges toutes celles qui avoient commencé à se laisser gagner par M. Chamillard, et fit encore enlever cinq ou six Religieuses qu'il croyoit les plus capables de fortifier les antres ' .
De toutes les afflictions qu'eurent alors les Religieuses, il n'y en eut point qui leur causa un plus grand déchirement de cœur que celle de se voir abandonnées par cmq ou six de leurs sœurs, (jui commencèrent, comme je viens [de'] dire, à se séparer du reste de la commimautè. et à rompre cette heureuse union que Dieu y entretenoit depuis tant d'années. Elles furent surtout étonnées au [dernier] point de la défection de la sœur Flavie*. Cette fille, qui autrefois [a voit] été Religieuse dans un autre couvent, avoit désiré avec une extrême ardeur d'entrer à Port-Royal, et y avoit été reçue avec une fort grande charité. Comme elle étoit d'un esprit fort insinuant, et qu'elle témoignoit un fort grand zèle pour la régularité, elle avoit trouvé moyen de se rendre très-considérable dans la maison. Il n'y en avoit point qui parût plus opposée à la signature, jusque-là qu'elle ne pouvoit souffrir ' qu'on se soumît pour le droit, sans faire quelque restric-
1. On trouve au feuillet i55 du manuscrit de la Bibliothèque impériale une autre rédaction de ce passage, depuis les mots : « Il ne fui pas difficile à ce prélat » (p. 556, ligne dernière, et p. SSj, ligne i). Vovez dans le Complément des variantes, p. 679, la variante 11.
2. De n'est pas dans le manuscrit. Il en est de morne de tous les mots que nous plaçons entre crochets. Ces mots omis duns le manuscrit sont donnés par l'édition de 1767.
3. Catherine de Sainte-Flavie Passard. Elle avait été quinze ans maîtresse des novices.
4. il V avait d'abord : i jusque-là qu'elle traitoitdc relàciicniiiii. î
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tiou qui marquât qu'on ne vouloit point donner atteinte à la grâce efficace. Là-dessus elle eitoit les écnts que nous avons dit que M, Pascal a voit faits pour combattre le sentiment de M. Arnauld, et elle eitoit même de prétendues révélations, où elle assuroit que Tévèque d'Ypres lui étoit apparu. Ce zèle si immodéré, et ces révélations, auxquelles on n'ajoutoit pas beaucoup de foi, commencèrent â ouvnr les veux aux Mères , qui reconnoissant beaucoup de légèreté dans cet esprit , Téloignèrent peu â peu de leur confiance. Ce fut pour elle une injure qui lui parut insupportable, et vovant qu'elle n'avoit plus la uiêine considération dans la maison, elle songea â [se] rendre considérable à M. Chamillard '. Non-seulement elle prit le parti de signer; mais elle se joignit même à ce docteur et à la Mère Eugénie pour leur aider à persécuter ses sœurs, dont elle se rendit raccusatrice, donnant des mémoues contre elles, et leur reprochant, entre autres, certaines dévotions qui étoient très -innocentes dans le fond, et à la plupart desquelles elle-même avoit donné occasion". Nous verrons dans la suite l'usage que les ennemis des Religieuses voulurent faire de ces mémoires, et la confusion dont ils furent couverts, aussi bien que la sœur Fia vie. Revenons maintenant aux Religieuses qui avoient été enlevées.
[Dans le moment de l'enlèvement^, M. d'x\ndillv,
1. Ce passage, depuis les mots : « Ce fut une très-sensible mortification pour Monsieur l'Archevêque s (p. 557, ^ign^ i3), est autrement rédigé dans deux feuillets (i 53 et i54) du manuscrit de la Bibliothèque impériale. Voyez ci-après (p. 58o-584) la variante m dans le Complément des variantes. Ces deux feuillets ont beaucoup de ratures, et des corrections, dont la plupart sont de la main de Boileau.
2. Dans Tédition de 1767 : «c avoit donné lieu, a — Le feuillet i45 du manuscrit offre une rédaction de ce morceau un peu différente, depuis les mots : « Cette réponse si peu attendue » (p. 559, ligne 3). Voyez ci-après (p. 584 ^^ 585) la variante iv.
3. Tout ce passage que nous avons renfermé entre des crochets, de-
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qui étoit dans l'église, s'approcha de la Mère Agnès, qui pouvoit à peine marcher, et lui fit ses adieux. Il vit aussi ses trois filles, les sœurs Angélique de Saint-.Tean, Marie-Thérèse, et Marie de Sainte-Claire, qui sortirent l'une après l'autre. Elles se jetèrent à ses pieds, et lui demandèrent sa bénédiction, qu'il leur donna avec la tendresse d'un bon père et la constance d'un chrétien plein de foi; il les aida à monter en carrosse. L'Archevêque voulut lui en faire un crime auprès du Roi, l'accusant d'avoir voulu exciter une sédition; mais la Reine mère assura que M. d Wndillv n'en étoit pas capable. En dispersant ainsi ces Religieuses, il espéroit les affoibUr, en les tenant dans une dure captivité, privées de tout conseil et de toute communication.^
Pendant qu'on tourmentoit ainsi les Religieuses de Port-Royal de Paris jîour la signature , on fut trois mois entiers sans rien dire à celles des Champs , quoiqu'elles eussent déclaré par divers Actes qu'elles étoient dans les mêmes sentiments que leurs sœurs, et qu'elles eussent même appelé aussi ^ comme d'abus de tout le traitement qu'on avoit fait à leurs Mères. Quelques personnes crurent que l'Archevêque les ménageoit à cause du cardinal de Retz , dont la nièce ' étoit supérieure de ce monas-
puis : ï Dans le moment de l'enlèvpnient, » jusqu'à : a de toute communication, » est donné par l'édition de 1767, mais ne se trouve pas aujourd'hui dans le manuscrit.